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La vie est si différente dans le village zéro déchet japonais

31 mars 2018
village zero dechet

“Un, deux, trois….” Hatsue Katayama, une femme au foyer de 70 ans, est agenouillée à sa table basse et compte tout haut les mots d’une liste écrite à la main. Elle continue, sans s’arrêter, jusqu’à atteindre 25 : “c’est le nombre de catégories de déchets que nous avons à la maison”.

Les habitudes qu’elle suit religieusement pour se débarrasser de ses déchets se reflètent dans les différentes poubelles éparpillées dans la maison de la famille, dévouée à séparer les plastiques, les bouchons de bouteille, les brosses à dents et les chaussettes.

 

Un village tout entier s’est mis au zéro déchet

Plus remarquable encore que sa collection de poubelles, c’est le fait qu’elle n’est pas seule. Cette pratique est partagée par les 1500 habitants zéro déchet de Kamikatsu (dont on vous a déjà parlé sur le blog), un village situé entre les montagnes boisées de la préfecture de Tokushima, au sud-ouest du Japon.

Le village fait parler de lui malgré sa situation géographique et sa taille parce qu’il a mis au point un projet environnemental ambitieux : il veut devenir la première communauté zéro déchet du Japon d’ici 2020. Et on dirait que le village est en chemin pour atteindre son objectif.

centre de tri zero dechet

15 ans après avoir dévoilé ses objectifs dans un Manifeste du Zéro Déchet, Kamikatsu recycle environ 80% de ses déchets qui sont divisés en 45 catégories que les habitants trient eux-mêmes et jettent au centre de traitement des déchets de la commune.

Il y a un magasin de réutilisation pour tous les objets abandonnés, une boutique “remake” où les vieux objets sont recyclés, un système d’accréditation qui évalue les critères écologiques des entreprises locales et des points à cumuler sur une carte quand on recycle.

La construction d’un centre Zéro Déchet high tech à plusieurs millions d’euros a reçu l’aval du gouvernement et ouvrira au printemps prochain avec des bureaux, un centre académique et des chambres.

 

Un changement de vie radical en passant au zéro déchet

De nombreux habitants disent que le mode de vie zéro déchet a non seulement aidé l’environnement et coupé les coûts de traitement des déchets mais ça a également amélioré leur qualité de vie, leur santé, renforcé le sens de la communauté et ralenti la fuite des populations, ce qui est un réel problème pour le Japon rural.

“La vie est si différente ici maintenant” déclare Hatsue, qui raconte comment elle utilise le compost qu’elle alimente de restes de nourriture pour faire pousser du brocoli et de la laitue. “Comme la plupart des gens, on brulait nos déchets dans les champs de riz mais c’était tellement mauvais pour la santé. Maintenant, l’air est plus propre et c’est plus joli”.

Son mari Fumiaku, 67 ans, est un agriculteur à la retraite, membre du conseil municipal ajoute : “c’est un tout petit village mais on parle de nous partout dans le monde. On espère que cette idée se répandra et aidera à résoudre les problèmes de réchauffement climatique.”

 

Le centre de traitement des déchets zéro déchet

Le coeur du mouvement zéro déchet de Kamikatsu se trouve au centre Gomi, un entrepôt entouré de forêts enneigées et où les habitants emmènent leurs déchets séparés en jusqu’à 45 catégories différentes.

decoration zero dechet

Tous les jours, des rangées de paniers jaunes contenant un mélange de différents types de déchets : plastiques, bois, métaux, bouteilles, papiers, briquets usagés se battent pour se faire place parmi un assortiment d’objets jetés comme des balances, des canapés ou des paires de skis. Une petite boutique sur site permettant aux habitants de laisser des objets dont ils veulent se séparer est pleine de vêtements pour enfants, sacs, meubles et jeux.

Les habitants de Kamikatsu amènent leurs déchets ici en voiture, explique Terumi Azuma, Présidente de la Zero Waste Academy, l’organisation à but non lucratif derrière le centre de traitement des déchets et des initiatives écologiques. Chaque catégorie de déchets est bien affichée afin que les habitants sachent combien cela coûte de recycler tel objet au kilo ou combien on peut gagner en le vendant.

La mathématique est impressionnante : le coût total annuel du traitement des déchets du village a baissé à 2,5 millions de yens (environ 19 000 euros) donc seulement un sixième des 15,9 millions de yens (environ 122 000 euros) que ça coûterait de traiter les mêmes déchets en les incinérant ou en les emmenant à la décharge.

Le concept ne se cantonne cependant pas au tri de déchets en catégories différentes. Le plus important est de changer la mentalité des gens. Il ne s’agit pas seulement de recyclage, c’est d’essayer d’éduquer les gens à ne pas générer des déchets potentiels dès le début.

Parmi le flot incessant de villageois déposant des sacs de déchets (ou dans le cas d’un couple, un camion entier), on retrouver Yoshiteru Ishimoto, un habitant de 79 ans. Il vient ici une à deux fois par semaine. Il aime beaucoup venir parce qu’il voit des amis et c’est une situation sociale agréable. Le plus important pour lui c’est que Kamikatsu redevient propre et belle à nouveau.

Avec plus de la moitié de la population au dessus des 65 ans, le centre de traitement s’est transformé en un hub social vital pour les habitants, selon son manager Kazuyuki Kiyohara. Tout en démontant habilement un robot de cuisine avec un tournevis, il explique que les gens pensaient probablement être trop paresseux pour séparer les déchets en autant de catégories mais finalement les gens bavardent et s’entraident. La communauté est plus ouverte aujourd’hui.

 

Construction du nouveau centre zéro déchet

Tandis que la date limite pour le zéro déchet en 2020 approche, les autorités locales s’investissent pour mettre en valeur les initiatives zéro déchet du village. Au printemps prochain, le centre de tri va être déplacé dans un nouveau bâtiment contemporain fait de cèdre local et agrémenté de portes, fenêtres et meubles abandonnés par leurs propriétaires. Il y aura des chambres et un centre de recherche faits pour attirer les experts en écologie du monde entier.

Le nouveau bâtiment, estimé a 450 millions de yens (3,4 millions d’euros) est en partie financé par le gouvernement mais reçoit des réactions nuancées de la part des locaux mais fait déjà le bonheur du maire Yasushi Hanamoto.

Il explique que cela peut être difficile de faire changer d’avis les personnes âgées, qui ont plus tendance à être réfractaires au changement. Mais le projet zéro déchet a débuté il y a plusieurs années donc les générations plus jeunes ont grandi dans un environnement où tout cela leur paraît naturel. Il ajoute qu’avant que le projet zéro déchet ne se concrétise, on pensait que le village allait disparaître. Ils se sont rendus compte qu’il fallait qu’ils changent de mentalité pour survivre.

centre high tech zero dechet

Le centre high tech zéro déchet

Aujourd’hui, la plupart des habitants ont plus de 65 ans mais le taux de dépeuplement baisse. Certaines personnes continuent à déménager vers les villes mais il y a des jeunes qui arrivent également, inspirés par l’idée d’un mode de vie zéro déchet.

La ville doit créer des projets qui attirent les jeunes parce qu’il n’y a pas assez de bébés ni d’habitants pour remplacer les départs à la retraite. A ce rythme, la population passera à 800 habitants d’ici 2040.

 

Un projet à l’image de la ville, loin de la folie de Tokyo

Parmi l’afflux de nouveaux arrivants, il y a Yasuyoshi Wada, 36 ans, ancien barman qui a échangé les foules et le néon de Tokyo pour la slow life de Kamikatsu il y a trois ans. Il est maintenant manager d’un espace qui reflète bien le nouveau visage de Kamikatsu : Rise & Win Brewing Co BBQ and General Store (épicerie) qui abrite une brasserie artisanale, une épicerie et un restaurant.

Cet endroit est impossible à rater. Designé par les mêmes architectes qui ont pensé le nouveau centre de traitement des déchets, on y voit un mur de deux étages couvert d’un puzzle de fenêtres des maisons locales abandonnées.

A l’intérieur, on découvre les murs faits de cèdre local et toutes sortes de produits; des thés aux sacs faits de papier journal en passant par les bières artisanales de Kamikatsu, brassées dans la nouvelle usine à quelques pas de là.

C’est un style de vie diamétralement opposé à Tokyo, où il y a beaucoup de bruit, beaucoup d’agitation et où on est constamment exposés à l’information. Yasuyoshi adore être près de la nature et avoir du temps pour lire. Il a même appris à faire de nouilles soba  ! Mais le plus important c’est le zéro déchet et le concept de réduction, de recyclage et de réutilisation.

Et c’est sur ce concept zéro déchet que Kamikatsu compte pour non seulement réduire son empreinte carbone mais également attirer une nouvelle génération d’habitants et maintenir le village vivant.

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Six championnes du zéro déchet à Hong Kong : des femmes qui militent pour rendre la ville plus verte

24 mars 2018
zero dechet hong kong

Ce n’est pas la première fois qu’on parle du zéro déchet à Hong-Kong. Cette fois-ci, on s’intéresse à des pionnières éco-friendly qui montrent le chemin vers la réduction des déchets ménagers.

Le jardin en ville de Daisy Tam Dic-sze

“Laissez-moi vous montrer notre jardin” dit le Docteur Daisy Tam Dic-sze, en brandissant une paire de ciseaux et en ouvrant le chemin vers un mur de chou kale et de laitues en germination dans des bouteilles en plastique. Sur une année, Daisy a transformé un petit coin du campus de l’Université Kowloon Tong de Hong-Kong, où elle travaille, en un petit lotissement verdoyant qui brille de mille feux sur la façade en carrelage gris, même un jour morne.

C’est une petite expérience qu’elle a faite avec des étudiants pour leur montrer comment on peut transformer les déchets en ressources et voir jusqu’où on pouvait pousser le petit jardin urbain.

C’est un petit plan modeste d’un mouvement qui consiste à réduire ses déchets au strict minimum. A Hong-Kong, et ailleurs, de plus en plus de chercheurs, d’entrepreneurs, de militants, de blogueurs et autres sont conscients des dégâts énormes que nous causons à la planète à cause de notre gaspillage excessif. Fatigués d’attendre que les gouvernements et les industries prennent la tête du mouvement, ils prennent eux-mêmes les initiatives.

Un petit jardin comme celui de Daisy ne va pas changer le monde mais elle et d’autres honkongais comme elle espèrent que des initiatives de ce type fassent grossir une “petite boule de neige du zéro déchet”.

Si on veut voir du changement, il faut une solution rapide et qui colle vite ainsi qu’une personne pour la rendre tendance. Il faut ensuite aller plus loin afin que ce ne soit pas un luxe réservé à la classe moyenne […] Il s’agit de penser une ville durable tout entière.

Daisy est spécialisée dans la sûreté alimentaire et les pratiques éthiques dans l’alimentation à Hong-Kong, où les restes alimentaires constituent la majeure partie du gaspillage aujourd’hui. Pour essayer de comprendre pourquoi l’excès de nourriture se transforme automatiquement en gaspillage, elle travaille avec des ONG de redistribution pour imaginer l’infrastructure nécessaire pour éviter que la nourriture ne finisse à la décharge et pour savoir comment des pratiques vertes peuvent devenir accessibles à tout le monde dans la ville, pas seulement la classe moyenne.

La gestion des déchets en elle-même ne l’intéresse pas. Elle veut améliorer le système afin que les déchets aient une durée de vie plus longue (avant de devenir déchets). Quand vous achetez de la laitue, vous l’achetez entière et les laitues prédécoupées fanent vite. A partir d’un seul germe, elle mange les feuilles du même plant de laitue depuis novembre. C’est intéressant de montrer aux étudiants que l’agriculture n’est pas quelque chose qui vient du passé.

Quand elle est dans l’espace confiné rempli de livres qu’est son bureau, Daisy se pose des questions plus philosophiques sur les déchets : pourquoi cela devrait intéresser les gens? Pourquoi devrions-nous les y intéresser? Le problème prend racine il y a 10 ans, quand elle vendait des pommes sur un marché londonien tout en étudiant pour son Doctorat.

En tant que vendeuse, elle avait tout un tas de restes qu’elle échangeait. Elle avait des amis à la boulangerie, au magasin d’olives […] Il y avait toute une économie alternative après les heures de marché qui ajoutaient à son caractère tout en renforçant les relations.

Après être revenue à Hong-Kong, elle a été arrachée de cet environnement et ne faisait plus partie du paysage mais elle voulait encore faire quelque chose en relation avec la nourriture. Donc elle s’est posé la même question, mais au niveau de la ville toute entière : que deviennent les déchets et les restes de nourriture?

restes cuisine hong kong zero dechet

Des restes de cuisine de restaurant à Hong-Kong.

Daisy veut découvrir comment des pratiques de réduction des déchets peuvent devenir une routine pour ceux qui ne portent aucun intérêt à l’environnement ou qui ne cherchent pas le buzz, ce qui, pour toutes les personnes zéro déchet, revient à ne jamais avoir à vider sa poubelle.

Essayer d’argumenter avec la morale en disant qu’il faut se préoccuper de l’environnement ne va pas avoir de l’effet sur quelqu’un qui travaille 10 à 12 heures par jour, rentre chez elle après la fermeture des marchés et dont le seul souci est de se trouver de quoi manger puis d’aller dormir. Il faut instaurer la durabilité au niveau de la ville.

Les marchés de Hong-Kong illustrent ce point. Est-ce qu’il y a des endroits de stockage, des frigos, un espace pour composter? S’il y en a et qu’ils peuvent simplement y jeter les déchets, cela ne posera aucun problème aux gens de composter. S’il faut réunir les déchets puis les transporter ça devient un problème.

Malgré son minimalisme et le fait qu’on se débarrasse de tout ce qui est inutile, le zéro déchet ne voyage pas léger. Daisy est connue au département des Sciences Humaines pour son sac à dos bruyant plein de boîtes et de sacs, les accessoires d’une professeur assistante qui fait ce qu’elle enseigne.

Daisy range et conserve toute sa nourriture. Ses collègues en font une blague : “Daisy et son gaspillage alimentaire”. Cela la fait sourire.

 

L’influenceuse Instagram zéro déchet

influenceuse instagram zero dechet

L’influenceuse Instagram zéro déchet Hannah Chung.

Même si les médias sociaux l’ont aidée à atteindre beaucoup de personnes à Hong-Kong, développer le mouvement zéro déchet au delà d’Instagram est une priorité pour Hannah Chung. En 2016, la femme de 31 ans avait commencé un travail cette année chez Green Monday (une organisation honkongaise qui encourage les gens à ne pas manger de viande le lundi et dirige les cafés Green Common) et changé sa vie. Elle s’est débarrassée de tous les objets plastiques jetables (des lingettes pour le réveil aux lingettes démaquillantes) et a cherché des alternatives durables. Elle n’a envoyé aucun déchet à la décharge pendant 1 an et a documenté son progrès au travers d’un fil Instagram éco-conscient qui, elle l’espère, en aura inspiré d’autres à rejoindre le mouvement.

Le terme “zéro déchet” est assez rédhibitoire. On peut se battre pour devenir zéro déchet mais c’est une affaire longue, difficile et solitaire. Pour Hannah, le terme sert plutôt à briser la glace pour faire passer le message. Elle visite des écoles et des entreprises dans la ville pour éduquer sur la réduction des déchets et faire du consulting sur la durabilité des entreprises. Pour l’instant, ça a l’air de fonctionner auprès du marché des expatriés, les gens avec des revenus disponibles. Elle s’aperçoit que le fossé est grand et elle veut vraiment s’adresser au marché de masse et faire passer le mot.

boite reutilisable zero dechet chung

Les gens sont très curieux et Hannah en a beaucoup appris sur le plastique, le système qui est en place à Hong Kong et la raison pour laquelle on encourage pas les gens à recycler est que ça ne vaut presque rien. 2 boîtes en aluminium valent 10 centimes de dollars hongkongais (1 centime d’euro) tandis qu’un kilo de plastique vaut 50 centimes de dollar hongkongais (5 centimes d’euros).

Maintenant, le temps est venu pour Hannah de laisser son rôle de développement de business chez Green Monday pour lancer sa propre entreprise dans le média social et travailler à temps plein pour se rendre dans les écoles et les entreprises pour leur apprendre à intercepter les déchets à la source plutôt que se concentrer sur des stratégies de recyclage.

 

Christina Dean et les vêtements zéro déchet

vetement zero dechet christina dean

En 2012, Christina Dean à 39 ans, a été complètement frappée de plein fouet par la réalité que constituait le gaspillage de vêtements. En tant que fondatrice et dirigeante de l’entreprise caritative Redress et de la marque de mode upcyclée The R Collective, Christina (qui a suivi une formation de dentiste au Royaume-Uni avant de déménager à Hong Kong) a oeuvré pour rendre les gens conscients du gaspillage vestimentaire depuis 2007 mais n’était pas prête à voir ce qu’elle a vu en tournant une brève sur la mode durable pour la télévision.

Ils sont allés dans l’une des décharges de Hong Kong et ont vu des camions faire la queue pour jeter des milliers de tonnes de vêtements. C’était déprimant. Si l’industrie essaie de s’améliorer mais que les gens continuent à jeter leurs vêtements, à quoi bon?

Christina a passé l’année suivante à s’habiller uniquement avec des vêtements de récupération. Elle fait des aller-retours entre Londres et Hong Kong et aime bien porter une veste noire et blanche qu’elle a “sauvée” d’une décharge. Le plus choquant c’est la quantité de gaspillage qu’il y a. La globalisation est quelque chose de génial mais en fin de compte ce n’est pas juste.

L’industrie de production de vêtements est terrifiante. On va en Chine et ça nous brise le coeur. La pollution est un fléau. C’est une question de santé publique et ce n’est pas éthique. Pour la militante charismatique et extravertie qui avait déménagé au départ à Hong Kong pour le journalisme, le zéro déchet est un beau mot mais n’existe pas vraiment.

Pendant les premières années, elle pensait que cela signifiait d’arrêter d’acheter autant de trucs inutiles mais elle s’est rendue compte que les consommateurs achèteront toujours des vêtements parce que c’est vrai qu’ils s’usent. Il n’y aura pas de “zéro déchet” parce que les gens achèteront des vêtements neufs et cela ne dérange pas Christina. Le monde de Redress c’est cultiver une industrie de la mode plus durable et responsable, qu’il s’agisse du côté entreprise, consommation ou relation client.

Il y a un bâton et une carotte dans ce mouvement : la carotte c’est la simplicité (on cherche tous un mode de vie plus simple) et le bâton c’est le fait que le vent ait tourné côté mode de consommation. Le gaspillage est maintenant vulgaire et inacceptable. On voit des millions de tonnes de vêtements invendus détruits à travers le monde. C’est en train de devenir de mauvais goût, les consommateurs sont donc proactifs et posent des questions auxquelles l’industrie a du mal à répondre. Des questions comme : “pourquoi les marques ne donnent pas ces vêtements aux pauvres?” mais ce n’est pas si simple que ça.

Pendant les deux dernières années, Christina s’est intéressée à ce que deviennent les vêtements invendus et a écrit des articles critiquant leur incinération. Personne ne veut vraiment assumer la responsabilité de ce gaspillage de vêtements qui a lieu parce que les marques essaient de vendre des vêtements que les clients ne veulent pas. Christina organise également le Redress Design Award qui récompense les créateurs partout dans le monde qui ont des approches durables (comme l’upcycling, le zéro déchet ou les techniques de reconstruction) pour créer de nouveaux vêtements.

Le problème de l’industrie est double : premièrement les consommateurs ont changé, il y a eu un changement de leurs valeurs; mais les revendeurs continuent à sur-acheter. Deuxièmement l’industrie de la mode à passé les dernières 15 à 20 années à penser échelle : la seule manière de gagner de l’argent est de vendre beaucoup.

Christina ne s’habille qu’avec des vêtements de seconde main ou qui ont été faits avec des fibres upcyclées et se décrit comme militante quand il s’agit de recyclage et de gaspillage alimentaire.

 

La fondatrice de Zero Waste Life, une entreprise de coaching zéro déchet

Zero waste life entreprise zero dechet

Ce n’est pas sorcier, dit Paola Cortese, fondatrice de Zero Waste Life (ex LoopUnite), une entreprise sociétale honkongaise qui coache des étudiants (qui paient) pour les aider à réduire les déchets dans leur vie sur un programme de quatre semaines.

La première semaine, on se concentre sur l’évaluation de l’impact d’un individu; la deuxième semaine aide à trouver les solutions; la troisième on parle de recyclage et de compostage et la quatrième semaine est dédiée à un récapitulatif et à l’approfondissement de certains points qui intéressent les étudiants.

L’ex-designer d’intérieur née en Indonésie prétend que 80% de la réduction de déchets personnels peut se faire en adoptant les 5 produits essentiels : une lunchbox, un sac réutilisable, une gourde (ou une bouteille), un mouchoir en tissu et des couverts non plastiques.

Si nos dirigeants avaient pu voir la dévastation causée à nos océans par le plastique, des entreprises comme celles de Paola n’auraient jamais eu besoin d’exister. Elle se base sur son bocal en verre qui lui sert de poubelle et qui est un symbole de son dévouement à la cause (la famille de la reine française du zéro déchet Bea Johnson n’en remplit qu’un par an). Paola a généré seulement 289 grammes de déchets sur toute l’année passée et elle se retrouve vite assaillie de questions de ses amis qui cherchent eux aussi à contrôler leurs déchets.

Qu’elle organise un stage de groupe, qu’elle travaille avec un client chez lui, qu’elle arrose pendant sa randonnée des plantes d’un engrais fait à base de peaux de légumes ou qu’elle rappelle simplement à son mari de prendre le sac en tissu pour faire les courses, Paola a placé le zéro déchet au centre de tout ce qu’elle fait et prédit que les générations futures feront la même chose.

Son but est de sensibiliser les gens sur le fait qu’être zéro déchet est une compétence mais que ce n’est pas difficile. On s’y habitue, comme on apprend à nager ou à conduire. La prochaine génération doit grandir en sachant comment vivre de manière durable et ce mode de vie doit être considéré comme la norme. Si ce n’est pas le cas, Paola ne pense pas que l’humanité survivra.

 

L’allergique au plastique

non aux dechets

Fanny Moritz a développé une véritable allergie au plastique, ou c’est du moins ce qu’elle dit au personnel des restaurants quand elle refuse leurs touillettes ou leurs pailles, des objets qui sont devenus les symboles d l’usage unique superflu.

Elle a dîné dans un restaurant italien trois fois. Trois fois elle a demandé qu’on ne lui donne pas de paille avec sa limonade, mais on lui en a donné une quand même. Quand elle l’a fait remarquer à la serveuse, celle-ci a simplement repris la paille et l’a jetée. Maintenant elle dit qu’elle est allergique et ça marche. Elle y est retournée récemment et on ne lui a pas donné de paille. La webdesigner raconte une expérience. Elle est fondatrice de No!w No Waste, une boutique en ligne qui vend des accessoires zéro déchet pour la maison comme du film alimentaire en cire d’abeille, des coupes menstruelles, des ustensiles de cuisine réutilisables ou du shampooing barre, par exemple.

Fanny, qui a 29 ans, a d’abord déménagé à Hong Kong en tant que mannequin pour un contrat de 3 mois et a calculé qu’elle a assez utilisé sa paille en inox pour empêcher que plus de 26 000 pailles finissent à la décharge. Elle a également économisé en gobelets jetables, lingettes en coton, en tampons et en flacons de shampooing.

Voir Bea Johnson réussir à mettre tous ses déchets dans un seul bocal a encouragé Fanny à chercher des objets durables mais elle a eu du mal à trouver autre chose que des brosses à dents en bambou et des pailles en inox. Après la lecture du livre, elle a pensé qu’elle savait faire des sites et qu’elle adorait ce mode de vie, tout comme le minimalisme. C’est de là que lui est venue l’idée de faire son site e-commerce.

Fanny a accueilli son idole quand Bea Johnson est venue faire un discours à Hong Kong devant une assemblée de “convertis”. Parmi les participants, Tamsin Thornburrow (que nous avons déjà croisée sur le blog) lève la main pour dire timidement qu’elle allait ouvrir un magasin qui vendrait non seulement des produits des nettoyage et des cosmétiques sans packaging (comme Fanny) mais également de l’épicerie en vrac. Bea déclare : si personne dans cette pièce n’encourage cette jeune femme, elle échouera dans un an. C’est le magasin Live Zero.

 

Le magasin zéro déchet de Hong Kong dont nous avons déjà parlé

live zero magasin zero dechet

Live Zero, à Sai Ying Pun, a ouvert ses portes le 1er février 2018 et les affaires marchent bien depuis. Le magasin est fait de telle manière qu’acheter en vrac est facile et se fait dans le style : on y voit des étagères en bois upcyclé aux couleurs pastel qui tiennent des bocaux donnés par des clients afin que d’autres puissent les utiliser. Aux murs sont accrochés des distributeurs remplis de denrées non périssables et on voit également des étagères remplies de produits eco-friendly pour la maison.

A la fin de la troisième semaine d’ouverture, Tamsin déborde de travail et se voit montrer sans cesse comment le système de self-service de pesée fonctionne. Après avoir attiré l’attention à la conférence de Bea Johnson, elle a donné beaucoup d’interviews et a gagné 6500 nouveaux followers sur Instagram.

Elle trouve toute cette attention un peu étrange mais cela aide son business. Tout le monde la remercie, elle prend même des selfies avec certains clients. Ce qui l’embête maintenant, c’est de savoir ce qui va lui arriver si elle va au supermarché et qu’elle prend quelque chose en plastique. Et si un de ses clients la voyait?

vente en vrac magasin zero dechet

Déjà propriétaire du magasin d’articles ménagers Thorn and Burrow, l’ex designer d’intérieur est bien placée pour organiser l’intérieur des magasins alors que la plupart des personnes comme elle vendent en ligne. Elle loue un petit local dans un centre d’affaires design de Hong Kong pour y installer Live Zero et les réactions sont tellement enthousiastes qu’elle a décidé de déménager dans une grande maison dans laquelle elle pourrait aussi vendre la nourriture. Sa stratégie marketing est basée sur la croyance que la prolifération du mouvement zéro déchet est attachée à son charme esthétique. Son fil Instagram est rempli de couleurs vives et de produits bien rangés contrastés par des photos de bananes emballées individuellement et des piles de poubelles.

pommes individuelles gaspillage

L’intérêt de Tamsin pour l’entreprise verte s’est manifesté en observant une demande grandissante mais non satisfaite pour des articles ménagers à Hong Kong et l’exaspération provoquée par la montagne d’emballages plastiques qui venait avec chaque livraison à son entreprise. Tout a commencé par la recherche d’une bouteille d’eau belle et assez pratique pour donner envie d’être utilisée puis cela s’est transformé en une ligne de produits sans packaging, inclus le film alimentaire en cire d’abeille et les pailles en inox qui étaient difficiles à trouver à Hong Kong.

Elle répond aussi à ceux qui, comme elle, sont frustrés de ne pas avoir les moyens de se payer des produits bio en proposant une sélection de produits séchés, de pâtes, de noix et d’huiles.

fil instagram livezero

Pour beaucoup de personnes qui exaltent les vertus du zéro déchet, il existe une croyance comme quoi vivre une existence plus verte est bon non seulement pour l’environnement mais aussi pour l’esprit. Pour Tamsin, c’est le sentiment d’accomplissement qu’elle a à chaque fois qu’elle dit non à un sac plastique ou accueille un curieux dans son magasin et pour Fanny c’est entendre qu’elle a inspiré quelqu’un a essayer le zéro déchet.

Les gens ont besoin de quelque chose de plus significatif dans leurs vies. Nous sommes devenus plus conscients du fait que nous sommes connectés dans les dernières années et même si ce n’était pas à la mode, on serait en chemin vers le zéro déchet, assure Fanny.

Le meilleure façon dont Paola peut résumer sa passion c’est en s’inspirant des enseignements de Gandhi : cela lui apporte plus de joie dans sa vie. Cela signifie que ce qu’elle pense, fait et dit est en harmonie. C’est ce que signifie le zéro déchet pour elle.

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Eloge de la fuite : l’histoire zéro déchet de Sandrine

24 mars 2018

On vous laisse lire aujourd’hui le petit récit de Sandrine qui nous parle de son passage à un mode de vie le plus zéro déchet possible et partage avec nous son projet. Bonne chance à elle !

Il y a deux ans et demi, j’ai été licenciée de mon poste d’ingénieure commerciale dans l’industrie. Je me suis donc retrouvée à tourner en rond chez moi et à me demander comment faire des économies. J’ai commencé par faire le tour des placards.

 

La tournée des popotes

D’abord dans la cuisine : j’ai profité de l’ouverture d’une micro épicerie bio à côté de chez moi pour tester l’épicerie en vrac (farine, café, légumineuses etc…) mais aussi produits ménagers : lessive et produit vaisselle. Au niveau familial, c’est passé nickel !

menage zero dechet

Puis dans la salle de bain, là j’ai commencé à m’intéresser aux produits faits maison : shampoing solide, dentifrice en poudre (merci la famille zéro déchet !), sauf que j’ai remplacé l’HE par une demi cuillère à café de clou de girofle moulu 😉 .
Perso, je suis super satisfaite de mes produits, mais ma petite famille s’accroche au gel douche industriel et au dentifrice en tube « parce que tes machins ça mousse pas ! ». Bah oui, en fait quand tu achètes du gel douche (shampoing, lessive etc…) tu achètes surtout de la mousse qui pollue sans autre effet bénéfique. Mais bon, passons…

Au fond du couloir

Et puis, il y avait le placard « à bordel ». Celui dans lequel j’ai stocké pendant des années les vêtements usagés « pour faire des torchons » comme disait ma grand-mère, sauf que je n’en ai jamais rien fait.
Du coup, j’ai ressorti ma bonne vieille machine à coudre, et j’ai commencé par faire des mouchoirs, des lavettes, des sacs, des tabliers de cuisine…

Sur ma lancée, avec des tissus neufs, en coton, en lin, bio,  je me suis fait des robes, des tee-shirts, etc.

Sous mes vêtements, la plage

Il ne manquait qu’une chose à ma garde-robe : des culottes, de préférence en coton bio, confortables. OUI MAIS, comme 12 à 16% des femmes de tous âges, il m’arrive d’avoir des fuites urinaires incontrôlables, si je ris, si j’éternue, si je cours après le bus, si je fais du sport,  etc… Le truc imprévisible mais drôlement gênant si on n’a pas de protection.

serviette hygienique reutilisable

Et là, si on prend en compte une protection jetable par jour, pas vraiment biodégradable (450 ans tout de même !) et dont on ne connait même pas la composition véritable, on se dit qu’il y a peut-être quelque chose à faire !

J’ai commencé à mettre au point MA culotte idéale : Etanche, lavable, douce, sans odeur, avec des tissus naturels : coton bio, bambou, soie. Puis j’en ai parlé à mes copines, qui m’en ont demandé et redemandé avec d’autres modèles en cours de création.


Du Zéro déchet à l’Atelier

Mais l’aventure ne s’arrête pas là ! Poussée par mes meilleures copines, j’ai donc créé ma marque « L’Ange rit », www.langerit.fr , et j’ai postulé pour avoir un petit atelier artisanal Aux Grands Voisins 2, www.lesgrandsvoisins.org , laboratoire vivant du recyclage, du zéro déchet et du vivre ensemble, qui m’ont acceptée !

Comme quoi, recycler c’est aussi savoir SE recycler 

L’atelier L’Ange rit sera opérationnel mi-avril 2018.

N’hésitez pas à contribuer même symboliquement à l’achat d’une machine à coudre recouvreuse industrielle, dont j’aurai besoin pour vous faire des finitions « pro », sur kisskissbankbank.
https://www.kisskissbankbank.com/l-ange-rit-lingerie-de-confort-feminin-bio-et-lavable

A suivre… 😉

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Pourquoi on a arrêté les produits laitiers

21 mars 2018
produits laitiers

L’une des choses les plus difficiles à abandonner pour la plupart des gens dans leur alimentation, c’est le fromage. Je ne peux pas vous dire combien de fois on m’a demandé désespérément des conseils pour se débarrasser de l’”addiction” au fromage. Vous avez bien lu : addiction !

On est les seuls à boire du lait après le sevrage, et en plus celui d’un autre mammifère

Les humains sont la seule espèce sur Terre à boire du lait après le sevrage au lait maternel. Nous sommes également la seule espèce animale à boire le lait d’autres espèces animales. Vous ne verrez jamais un singe boire le lait d’une girafe ou un cochon boire du lait de tigre. Cela ne se produit tout simplement pas dans la nature. Nous avons été conditionnés par les médias et l’industrie laitière, avec l’aide de nos gouvernements « bienveillants » à penser que nous avions besoin de lait pour survivre, être forts et en bonne santé. Alors que la vérité est bien à l’opposé. Beaucoup de mamans pleines de bonnes intentions sont venues nous voir très préoccupées pour la santé de notre enfant parce q’on ne lui donne pas de lait de vache. Il y a aussi beaucoup de mamans qui nous ont demandé des conseils pour savoir quoi utiliser pour remplacer le lait de vache pour leur enfant, allergique aux produits laitiers; comme si le lait de vache contenait des nutriments essentiels que l’on ne pourrait trouver nulle par ailleurs.

Si je vous donnais du lait de cochon, le boiriez-vous? Non, que diriez-vous? Que c’est dégoûtant et absurde? Je ne pourrais pas être plus d’accord avec vous. Que diriez vous d’un petit verre de lait de chien? Lait de cheval? Toujours pas? Alors pourquoi continuons-nous à penser que le lait de vache est si délicieux et qu’il est normal d’en boire? Je sais pourquoi. C’est parce que nous avons été dupés. Notre cerveau a fait l’objet d’un lavage et parce qu’on nous a menti.

L’argument du calcium est un mensonge.

L’argument phare de l’industrie laitière est que boire du lait aide contre l’ostéoporose. Cependant de nombreuses statistiques prouvent que ce n’est pas vrai. Les pays qui consomment les plus grandes quantités de produits laitiers (comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou la Suède) sont aussi ceux où il y a les plus hauts taux d’ostéoporose. C’est parce que la protéine animale est très acide. Donc quand des substances animales sont ingérées, le corps produit du calcium depuis les os pour équilibrer l’acidité, calcium qui s’échappe ensuite par nos urines. Nous aidons donc l’ostéoporose à se développer en buvant du lait de vache. Les résultats des études ne sont pas très répandus pour une seule et unique raison : l’argent. L’industrie laitière fait tout ce qu’elle peut pour vous convaincre que vous devez boire du lait de vache pour être en bonne santé. Les journaux et documentaires que nous voyons à la télévision ne peuvent pas donner d’informations toujours très exactes puisqu’ils sont financés par les publicitaires.

Après un certain âge, le corps décide qu’il n’est plus fait pour boire du lait.

On estime que 75% des humains sont intolérants au lactose. Cela signifie que trois personnes sur quatre sur cette planète souffrent de l’un ou plusieurs des symptômes suivants quand ils boivent du lait : diarrhée, maux d’estomac, flatulences, ballonnements, infections des oreilles ou surproduction de mucus. C’est un signe que peut-être, on dit bien peut-être, nous ne sommes pas physiquement bâtis pour boire le lait de vache ou de tout autre mammifère, tout comme les autres espèces de ce monde ne le sont pas non plus. Votre corps vous dit simplement d’arrêter de boire du lait de vache.

Tous les mammifères naissent avec une enzyme connue sous le doux nom de lactase. Cette enzyme décompose le sucre connu comme le lactose. En grandissant, on perd cette enzyme. Il est donc normal d’être intolérant au lactose en devenant adulte. Mais bien évidemment, l’industrie laitière créée un nouveau produit connu comme le lactaid : on injecte l’enzyme directement dans le produit, ce qui n’est bien sûr pas normal ni naturel. L’industrie laitière essaie de nous dire qu’elle en sait plus sur nous que nos propres corps. Mais c’est faux. Nos corps savent mieux que quiconque ce qui est bon pour eux.

Le processus derrière les produits laitiers

La plupart des gens ne savent pas quel processus se cache derrière le lait ou le fromage qui est à leur table. Un bol de lait cache autant de cruauté, sinon plus, qu’une bonne entrecôte. Une vache femelle ne produit du lait que si elle a un veau. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les vaches laitières ne produisent pas du lait pour le fun. Elles produisent du lait spécifiquement pour leurs bébés. Ces vaches industrielles produisent du lait après insémination artificielle : pas d’accouplement à la ferme. Un bras entier ou un long objet en métal est introduit de force dans leur vagin pour y introduire du sperme de taureau.

Donc maintenant la vache est enceinte. Généralement quelques heures après la naissance, le veau est volé à sa mère. Les petits peuvent être tellement affectés par la séparation qu’ils s’en rendent malades, perdent du poids puisqu’ils ne mangent pas et pleurent tellement que les membranes internes de la gorge se détruisent. Les veaux mâles ont peu de valeur dans une ferme laitière. Ils sont vendus aux enchères et sont soit élevés pour la viande soit vont directement à la case industrie de la viande de veau où ils sont élevés dans de petites caisses, mal nourris, privés du lait de leur mère, ne peuvent même pas se retourner et ne voient pas la lumière du jour. L’industrie du veau n’existe que parce que l’industrie laitière existe. Les velles sont aussi prises à leur mère puisqu’on veut le lait pour nous.

Comment vous sentiriez-vous si on vous prenait votre bébé?

On insiste, la raison pour laquelle ces veaux sont pris à leur mère est pour les empêcher de prendre “notre” lait, celui que l’on vend. On vote en achetant. Et en achetant du fromage, du yaourt, en tartinant de crème ou de beurre, en ajoutant de la crème fraîche ou en buvant du lait on dit clairement que l’on veut que des veaux soient pris à leur mère.

Et si après votre accouchement on vous tenait et on se taillait avec votre bébé?

Il y a des gens qui pensent que les animaux n’ont pas de sentiments ou que leurs cerveaux ne sont pas assez développés pour comprendre ce qu’il se passe. Les animaux utilisent leurs jambes pour marcher, leurs estomacs pour déféquer, leurs bouches pour mâcher et leurs yeux pour voir. Toutes les parties de leurs corps fonctionnent comme elles le devraient. Pourquoi ne pourraient-ils dont pas utiliser leurs cerveaux pour penser et avoir des sentiments également?

C’est le pire cri que je n’aie jamais entendu et, croyez moi, je les ai entendus tous de mes propres oreilles. Quand j’ai commencé à en savoir un peu plus sur tout ça, il y a un peu plus de 15 ans, j’étais un peu comme tout le monde. Je pensais que ça n’était pas grand chose. Je pensais que tout le monde exagérait. Mais contrairement aux gens qui voient ça et arrêtent d’y penser, je suis allé voir ce qu’il se passe vraiment. J’ai passé six semaines dans une ferme. J’ai vu des résultats de recherches, je suis allé dans des fermes de peaux de vache. Je suis allé dans des cirques et des spectacles de rodéo. Mais le pire cri que je n’aie jamais entendu était celui d’une vache mère dans une ferme laitière. Tandis qu’elle hurle et s’explose les poumons pendant des jours pourqu’on lui rende le petit qu’on lui a pris. Et je ne peux qu’imaginer le cri que chaque femme de cette pièce pousserait si quelqu’un la tenait après l’accouchement pour lui prendre son bébé. – Gary Yourofsky

Une connaissance m’a raconté comment c’était de vivre à la ferme quand elle grandissait et décrivait un tout autre paysage. Elle parlait de son expérience de traite de vache d’un lait partagé avec un veau et d’une ferme où toutes les vaches se promenaient comme elles le voulaient. Elle ne pouvait pas en croire ses oreilles quand je lui ai raconté ce que vous lisez sur ces lignes et a voulu nier l’information. Son imagination veut continuer de croire que le lait et le fromage qu’elle achète chez son fromager appartiennent au même temps que celui de l’histoire qu’elle me racontait. Mais ce n’est pas le cas. Plus de 95% des produits animaux consommés en France viennent de fermes industrielles. Ces millions de bêtes produites tous les ans sont concentrées dans des hangars dans des conditions terribles. Si les fermes industrielles avaient des murs en verre, je pense que tout le monde deviendrait vegan.

Les antibiotiques, c’est automatique.

Environ 40% des vaches laitières sont boiteuses quand elles rejoignent l’abattoir. Elles sont bourrées d’antibiotiques et d’hormones pour leur fair produire plus de lait, ce qui fait grossir leurs entrailles à des proportions inimaginables. Aux Etats-Unis, on estime que 70% de la production d’antibiotiques est faite pour l’industrie laitière. La mastite (inflammation des glandes et des tissus mammaires) est très commune chez les vaches laitières. N’importe quelle mère qui allaite et qui a eu la mastite sait à quel point c’est douloureux. Des machines sont accrochées à leurs pies plusieurs fois par jour pour les assécher. Les infections et le pus de l’intérieur et de l’extérieur des pies se retrouvent dans le lait ! La pasteurisation ne fait que rendre le pus inoffensif, elle ne le supprime pas. Les organisations sanitaires autorisent l’équivalent d’une petite fiole de pus par verre (450ml) de lait. Le lait de vache bio a encore plus de pus que le lait non-bio parce que quand les vaches ont des infections (ce qui est très commun dans les fermes laitières) on ne peut pas utiliser d’antibiotiques pour les traiter. Quand les vaches ne peuvent plus produire d’énormes quantités de lait après 5-7 ans, elles sont amenées directement à l’abattoir. Une vache vit normalement entre 18 et 25 ans.

Alors cette histoire d’addiction?

Alors vous savez pourquoi c’est si difficile d’arrêter de manger des produits laitiers comme le fromage et pourquoi c’est une addiction? Ca s’appelle les fragments de protéine casomorphine, dérivé de la digestion de la protéine de lait : la caséine. Une caractéristique des casomorphines est qu’elles ont des effets similaires à ceux des opioïdes. Les vaches mères, avant la naissance du veau, produisent cette substance pour s’assurer que leurs veaux resteront près d’elles. Toutes les femelles de mammifères le font, humains inclus. Ce n’est pas de la morphine, mais c’en est une version sous un nom pas trop déguisé : casomorphine. Elle se situe dans la matière grasse du lait. C’est la raison pour laquelle les produits laitiers contenant plus de matière grasse comme le fromage, le beurre ou la crème peuvent être plus difficiles à abandonner.

Donc maintenant qu’on sait tout ça on fait quoi? Comment se débarrasser de cette addiction? Il faut arrêter comme on arrêterait une drogue, parce que très franchement le corps humain la traite comme une drogue. Quand un alcoolique part en cure de désintoxication, est-ce qu’on lui laisse des “cheat days” où il a le droit de se boire une petite bière le week-end? Est-ce qu’on lui dit “une fois de temps en temps, c’est bon… et si c’est une occasion spéciale, tu peux même boire un peu plus”? Bien sûr que non. La meilleure chose à faire pour se défaire d’une addiction c’est d’arrêter toute consommation. Plus cela fera longtemps que vous n’en aurez pas eu, plus ce sera facile !

Si vous cherchez un “substitut” pour le lait, ne cherchez pas. Appelons ça plutôt l’ “alternative” pour satisfaire votre désir de lait. Quand on se sert du mot “substitut”, ça sous-entend que le lait est la norme et que c’est ce que les humains devraient consommer, quand on se rend compte que ce n’est clairement pas le cas.

Par ici, une petite recette qu’on aime bien nous !

Et vous, vous en êtes où avec le lait? Qu’en pensez vous?

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Ateliers nomades by Betty

13 mars 2018

Betty a voulu partager avec nous son histoire donc c’est avec plaisir qu’on la relaye ici. On vous laisse lire sa présentation et son texte et suivre sa page si vous le souhaitez ! Merci Betty ! Beaucoup de personnes ont décidé d’adopter ce mode de vie et de vivre dans un camping car, avec les moyens du bord et le minimum nécessaire. On salue cet effort qui ne doit pas être facile tous les jours. Bravo Betty !

camping car 1

La bulle de Cliona est née d’une rencontre en 2014 au cours d’un stage dans une association parisienne, où j’ai pu explorer le potentiel de l’art de la récup’ et de la valorisation de nos déchets, avec grand plaisir et l’envie de créer.
L’économie sociale et circulaire, je l’ai pratiqué par nécessité lorsque j’étais seule avec mes enfants, petit budget / grande économie!

Contrôler sa consommation d’eau, d’électricité, acheter utile et plutôt d’occasion, brocantes et bons plans. En alimentation privilégier le fait-maison, le locavore. Limiter ses déchets, faire sa lessive et utiliser des produits d’entretiens qui ne sont pas néfastes pour l’environnement, les recettes de grands-mères fonctionnent très bien!
Voilà mon mode de vie et c’est inné pour moi.
J’ai grandi à la campagne où mon terrain de jeu ne se limitait pas au frontières de mon village. Chaque jour m’offrait de nouvelles aventures et une découverte de la nature qui fait ce que je suis aujourd’hui.


A l’époque il existait au bout de mon village, la décharge publique. C’était mon royaume, j’y passais mon temps, à la recherche de trésors abandonnés. On jetait déjà beaucoup, hélas!
A moindre coût, je récupérais jouets et jeux qu’il m’arrivait de troquer, quelques bibelots ou ustensiles que j’offrais à ma grand-mère qui me grondait, pour la forme. Avec peu de moyens, elle savait gérer son budget et limiter les dépenses. J’ai découvert l’auto-suffisance. par le potager, la basse-cour et ce que la nature peu nous offrir. La cueillette des mûres et groseilles pour faire des confitures, les noix et noisettes, le cresson de la rivière, les pommes, les escargots de bourgogne, les bouquets de fleurs des champs. J’ai eu énormément de chance de vivre tout cela!


Finalement la bulle de Cliona est née il y a bien plus longtemps…

camping car 2

Bonsoir à tous, les quelques indices semés sur la page de la bulle de Cliona laissent deviner qu’il se passe quelque chose ! 😏
Il est temps de partager avec vous ce grand chamboulement!!
En 2018, les ateliers de l’association deviennent adeptes du “NOMADISME”. Comment ça !?? 😯
Je suis, pour info, la fondatrice de l’association, celle aussi qui anime et créée tout ce que vous voyez sur cette page.

En 2018, j’ai décidé un changement de vie qui remet en question beaucoup de choses, pour vous, pour moi. Depuis un peu plus d’un mois, je me suis installée dans un camping car.🚍 C’est ma maison, mon atelier, j’y vis à temps complet et ce définitivement. Je n’ai plus d’attache comme un appartement, travail fixe, voiture… C’est un choix personnel mûrement réfléchi.

Je peux maintenant me déplacer, partout en France et en toute autonomie!👍 Mon souhait est de participer à des événements en lien avec le développement durable, des festivals, collectes de déchets, fêtes de la nature… Et aussi vous rencontrer au cours d’un atelier, échanger sur nos modes de vies, notre consommation au quotidien. Il y aura des ateliers de recyclage pour les enfants, dans les écoles, les centres de loisirs ou autre et pour les adultes par le biais d’associations ou d’ateliers privés.
Ma carte de France est une page blanche, à nous d’y inscrire ce qui nous permettrait de nous rencontrer.

carte de france ateiers nomades

Si dans votre région vous connaissez un événement, un marché de créateurs, un festival, vous pouvez me le proposer sur la page ou même en mp. J’ai une petite préférence pour la Bretagne mais rien n’est décidé. Je me laisserais porter au gré des rencontres et puis nous ne sommes qu’en février !
J’ai encore pas mal d’idées à partager avec vous, je le ferais dans d’autres post, chaque chose en son temps.

J’espère que cette confidence vous donnera envie de penser encore et toujours à la récup et au recyclage, de réfléchir à votre mode de consommation au quotidien, parce que notre futur en dépend.
Vous pouvez partager la page de la bulle de Cliona, ça peut donner des idées ! 😉
Je compte sur vous et je suis certaine d’avoir fait le bon choix!
A BIENTÔT 👏

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Des écoliers américains visent le zéro déchet!

26 février 2018
ecole zero dechet

Les écoliers de primaire de Franklin Elementary à Missoula (dans le Montana, aux Etats-Unis) se sont demandé pourquoi ils ne pouvaient pas utiliser de papier absorbant pour nettoyer les salissures et n’ont pas tout de suite compris à quoi cela servait de faire du tri sélectif. Mais depuis que leurs institutrices ont commencé à implémenter ces règles au début de l’année scolaire, les écoliers se sont vite pris au jeu de la réduction, la réutilisation et le recyclage.

En salle de classe récemment, une institutrice a demandé à ses élèves pourquoi il était important de faire attention à ses déchets et à sa consommation. Les écoliers ont levé la main et ont répondu des choses du genre “pour que nos déchets ne finissent pas à la décharge” ou “pour réduire le émissions de méthane dues au gaspillage alimentaire”.

Certains écoliers sont même allés plus loin.

“Je veux faire une loi qui imposerait le compostage et le recyclage!”, s’exclame une fillette.

Son camarade acquiesce, “si on ne composte pas et si on ne recycle pas, il faudrait passer deux mois en prison.”

Quelques mois auparavant, ce même petit écolier résistait à l’idée du recyclage en demandant à sa maîtresse pourquoi il faisait ça.

ecole zero dechet 2

Former les générations futures au zéro déchet

“Je pense que ce qui l’a interpelé est un reportage que l’on a vu à la CNN sur Plastic Island”, dit l’institutrice, en faisant référence au programme qui parlait des tonnes de déchets plastiques qui flottent dans l’Océan Pacifique et qui s’échouent sur les îles Midway. “La petite s’est rendue compte que l’on polluait l’habitat de toutes sortes d’animaux qui n’ont même pas leur mot à dire et je pense qu’elle s’est identifiée à cela.”

Les deux institutrices se partagent une salle de classe dans le nouveau bâtiment de Franklin Elementary. Au début de l’année scolaire, elles ont mis en place un programme “zéro déchets”. Contrairement à toutes les autres salles de classe du bâtiment, il n’y a pas de distributeur de sopalin : il a été remplacé par des torchons et des serviettes.

Elles ont également amené des couverts en métal que les enfants peuvent utiliser pour le déjeuner, en éliminant les déchets générés par les fourchettes en plastique à usage unique.

Il y a également un bac à compost qui est ramassé gratuitement par une entreprise privée de la ville, tout comme une unité de recyclage de plastique et de carton. Il s’agit d’un test à petite échelle avant de généraliser cela à l’école entière puis à toutes les écoles de la région afin d’améliorer la durabilité et pour enseigner aux enfants à devenir des consommateurs intelligents.

Le changement à petite échelle pour inspirer la société toute entière

Les élèves arrivent sans aucune connaissance du recyclage, de la réduction et de la réutilisation, ce qui est une aberration en 2018 et par les temps qui courent, selon l’une des institutrices. En Oregon, de là où elle vient, le recyclage est un “style de vie”. Quand elle a déménagé dans le Montana et s’est rendue compte de l’absence d’infrastructures elle a été très déçue et a voulu motiver le changement, en commençant par sa salle de classe.

Elle fait aussi partie du comité de la ville, “Zero by 50”, qui vise à réduire les déchets envoyés par la ville à la décharge de 90% d’ici 2050. En tant qu’entité publique de grande taille, les écoles du comitat de Missoula travaillent pour ce même changement et ce qui a été fait dans cette salle de classe est un exemple de ce qui peut être fait.

“Cela a déjà un impact”, insiste l’une des institutrices. La quantité de déchets qu’ils génèrent quotidiennement équivaut à la taille d’un ballon de football et les enfants se prêtent volontiers au jeu du recyclage et du compost, jusqu’à aller mettre les mains dans la poubelle si quelque chose y a été jeté par mégarde.

“Quand vous avez un enfant qui fouille volontairement dans les poubelles, vous savez que vous avez gagné”, rigole l’une des institutrices.

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Parler environnement avec les enfants

Avec sa collègue, elles ont eu des conversations avec leurs élèves sur le cycle de vie d’une bouteille en plastique, sur la quantité d’eau disponible pour la consommation humaine, comment les déchets produits par l’Homme ont un impact sur l’environnement… Les écoliers ont aussi comparé la quantité de déchets qu’ils produisent avec les autres classes afin d’avoir une idée de la quantité de ressources réutilisables qui sont gaspillées tous les jours.

Les deux institutrices travaillent très dur pour faire comprendre que le recyclage n’est pas la première option. La première chose à faire, c’est de réduire les déchets à la source. Que des CM2 aient conscience de l’impact qu’ils ont sur la planète est une énorme victoire !

“La plupart de ces enfants viennent de milieux défavorisés donc on les aides à réfléchir à leur position tout en répondant à leurs besoins. Penser à son prochain et avoir une vue plus large est un gros changement”.

Tandis que la ville de Missoula travaille à l’amélioration de son infrastructure pour le recyclage et le compost, les élèves des deux institutrices servent d’exemple pour montrer que des changements mineurs de comportement et de structure peuvent avoir un impact significatif. Elles essaient par ailleurs de ne pas peindre un tableau trop sombre afin que les élèves aient de l’espoir sur le véritable impact qu’ils peuvent avoir.

“C’est très important que les enfants puissent sentir qu’ils ont une lourde responsabilité et qu’ils puissent en même temps se dire qu’ils vont fouiller dans les poubelles, simplement parce que ce qu’ils y voient ne leur semble pas correct”.

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Combien de temps mettent tes déchets à disparaître?

24 février 2018
temps degradation dechets

Salut ! On suit depuis quelques temps le compte Youtube de The Story of Stuff et on a vu passer une vidéo sur l’histoire des micro-fibres. Sans vouloir être alarmistes, presque tous nos habits sont fabriqués avec des fibres de polyester (même quand on achète des marques qui utilisent des plastiques recyclés). Quand on lave nos vêtements, les minuscules micro-fibres vont directement vers la mer. Une fois là dedans, elles finissent par faire partie de la chaîne trophique, c’est-à-dire qu’au final on mange les micro-fibres de nos vêtements.

La thématique des déchets est assez compliquée. Je suis en train de lire Sapiens: Une brève histoire de l’humanité, livre que je recommande, et j’ai essayé de réfléchir : quels déchets jetaient nos aïeux? A la campagne, les gens n’avaient pas de containers près de la maison et les déchets générés finissaient dans la terre comme fertilisant (ce qu’on appelle aujourd’hui le compost) ou comme aliment pour les animaux. Ce qui ne servait pas se réutilisait comme pot, décoration, fermeture, etc. Si tu te promènes dans la campagne profonde tu pourras voir des échantillons de tout ça qui n’est ni plus ni moins que le DIY à l’ancienne.

Depuis que sont apparus le plastique et la société de consommation, le problème des déchets s’est aggravé. On est passés de manger ce que l’on cultivait, réutiliser, nourrir les animaux et fertiliser le sol à acheter et jeter. Beaucoup de nos déchets comme le papier sont compostables mais la plupart ne le sont pas. Au contraire, ils mettent de longues années à se biodégrader dans la nature.

La biodégradation est le processus de décomposition d’une substance par l’action d’organismes vivants. Quels organismes vivants? Principalement des champignons et des bactéries mais aussi des vers-de-terre, des petits insectes, etc.

Qu’est-ce qui est biodégradable? Tout ce qui est formé de matière organique comme les restes de nourriture, de plantes, le papier, etc. La biodégradabilité des matériaux dépend de leurs structure physique et chimique. Quelques objets comme le verre ne peuvent pas être biodégradés.

Combien de temps durent nos déchets?

  • Récipients en brick : 30 ans
  • Vêtements synthétiques : 40 ans
  • Sac plastique : 150 ans
  • Bouteilles en plastique : 450 ans
  • Piles : 1000 ans
  • Cannette en alu : 200 ans
  • Fil de pêche : 600 ans
  • Couches jetables : 450 ans
  • Anneaux en plastique packs : 400 ans
  • Journal : 2 mois
  • Mégot : 2 ans
  • Chaussures de sport : 200 ans

Comme tu peux le constater, certains résidus peuvent mettre environ 1000 ans à se dégrader, ce qui ne devrait jamais arriver étant donné que les piles sont très nocives pour l’environnement. Pareil pour les autres déchets.

Notre devoir à tous en premier lieu c’est de réduire notre consommation de résidus qui mettent du temps à se biodégrader et s’il n’y a vraiment pas d’autre moyen, recycler ou réutiliser.

Tous ensemble !! ♻

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Un magasin zéro déchet sans packaging de Hong Kong envahit les supermarchés

19 février 2018
magasin zero dechet hong kong

Le magasin Live Zero à Sai Ying Pun encourage les acheteurs à changer leurs habitudes de consommation. La fondatrice Tamsin Thornburrow parle du défi que représente se débarrasser du packaging et partage son optimisme sur la conquête des hong-kongais.

Eviter le gaspillage à Hong-Kong est difficile quand on vous sert un thé au lait dans un gobelet jetable, dans un sac plastique avec une touillette en plastique, une serviette en papier et du sucre packagé. Vous aurez tout ça entre les mains avant même d’avoir eu le temps de sortir votre thermos. Jetés presque instantanément, ces objects s’ajoutent aux 2000 tonnes de plastique qui se retrouvent dans les décharges tous les jours.

Des photos très fréquentes de plages jonchées de déchets sont un rappel morbide des tendances au gaspillage impulsif. Mais il s’agit également d’un appel aux armes pour les consommateurs et les entreprises locales qui veulent mettre fin au déchet, notamment par la fin des plastiques à usage unique comme les pailles, les gobelets et les étuis pour parapluies.

Tamsin Thornburrow, propriétaire d’un magasin, fait partie de cette communauté honkongaise grandissante d’activistes et d’entrepreneurs qui prennent le problème du plastique de front et veulent changer les habitudes de consommation en rendant le mode de vie écologique accessible et désirable. Une décoratrice d’intérieur de 25 ans se lance dans le business de la vente de produits zéro déchet avec sa nouvelle entreprise : Live Zero.

Le petit supermarché, tout près de son local actuel, vend les essentiels pour le placard à provisions, inclus la farine, les épices, les grains, le sucre, l’huile, la levure, le thé et le café, tout comme des ustensiles mais aussi des produits de beauté. Les produits comme la farine ou le quinoa sont conservés dans de grands bacs desquels on se sert soi-même, afin de minimiser le packaging et pour encourager les consommateurs à emmener leurs propres containers.

vrac zero dechet

Tout juste une semaine avant l’ouverture de Live Zero, Thornburrow était occupée à ajouter les touches finales à ce nouvel espace. Les couleurs pastel, les étagères en bois upcyclé, les coloris, les objets de maison eco-friendly… tout est fait pour rendre l’achat en vrac attrayant.

Elle pense toujours au futur, elle a toujours de bonnes idées et se débrouille bien avec les médias sociaux; Tamsin est vêtue d’un chemisier bleu de seconde main et elle donne l’impression que le mode de vie éco-friendly est un jeu d’enfants. Elle fait même paraître que c’est un choix de style. Quand on voit des gens avec leur seul bocal en verre rempli des déchets produits dans toute une année, on se dit qu’on peut le faire aussi, dit Tamsin.

Pendant des années, les consommateurs ont été rencouragés à “réduire, réutiliser, recycler”. Pour les avocats du zéro déchet, le “refus” vient avant toute chose : l’option la plus verte est simplement de rejeter le moindre sac, la moindre paille ou bouteille que l’on veut vous refourguer.

cosmetiques zero dechet

Pour Tamsin, le plus gros challenge est de trouver l’équilibre entre les besoins de son marché cible et la praticité de Hong-Kong, qui importe la plus grande partie de sa nourriture. Les blogueurs zéro déchet, comme les pionnières américaines Bea Johnson et Lauren Singer, vantent les bénéfices des produits qui poussent près de chez nous, ce qui permet d’oublier le packaging et les kilomètres parcourus en avion. Cela sert également de soutien aux fournisseurs régionaux. La nourriture de Live Zero sera 80% bio mais il faut savoir que trouver des producteurs certifiés bio signifiait chercher des producteurs hors de la Chine.

Nous importons des produits du Pérou, du Sri Lanka, du Maroc et de l’Inde mais très peu de Chine parce qu’il est difficile de trouver du bio et encore plus de s’assurer que c’est vraiment du bio. Tamsin dit que la cible principale sont les mamans : quand vous avez des enfants, vous voulez le meilleur pour eux, dit Tamsin qui admet ne pas acheter de bio pour elle-même car elle trouve cela trop cher.

plastique jetable

Tamsin dit qu’elle ne veut pas rivaliser avec les marchés, qui vendent également de la nourriture sans packaging. En fait, Live Zero vise plutôt les supermarchés grâce à des produits jusqu’à 20% moins cher que des produits de marque, les économies venant du fait qu’il n’y a pas de packaging. Par exemple, 100 gr de lentilles vertes se vendent à HK$6 (0,62€) tandis que la même quantité de pruneaux secs se vend HK$15 (1,55€) et la noix cajou à HK$26 (2,68€).

Même si le magasin fournit les containers, les clients sont encouragés à emmener leurs propres tup, bocaux et autre sacs à remplir. Live Zero va également mettre en place un système de recyclage où les pots et bocaux usés et nettoyés pourront être donnés aux autres clients. Tamsin espère également commencer un système de compost dans la cour intérieure.

pesee zero dechet

Tamsin a passé les derniers mois à faire ses recherches sur les produits en s’assurant que chacun d’entre eux passe un test méticuleux sur sa provenance et sa compostabilité. Il y a certains produits qui sont passés entre les mailles du filet, confesse Tamsin. Par exemple, les bouteilles “100% sans plastique” de la marque Pura ont été envoyées emballées dans des sacs en plastique. Dans le même temps, les ustensiles colorés de l’entreprise américaine Re-Play lui ont ouvert les yeux.

Ils sont faits à partir du bouteilles de lait en plastique recyclées, mais elle s’est récemment rendue compte que pour faire du plastique recyclé, il fallait ajouter du plastique à celui qui existe déjà. Elle ne pouvait pas le croire ! Elle pointe ensuite du doigt un gobelet à café coloré de la marque Ecoffee. Ils sont fait en fibre de bambou. Elle était inquiète de les avoir au départ parce qu’ils sont très fragiles mais certaines personnes veulent du 100% sans plastique.

vrac zero dechet 2

Diplômée d’architecture, Tamsin a commencé par travailler en tant qu’architecte d’intérieur pour la marque haut de gamme hong-kongaise Xava Interiors. Elle a ensuite été embauchée par Olive Forrest, une entreprise qui cherche, trouve et revend du mobilier antique chinois; puis elle a été vendeuse pour iDecorate. A 22 ans, elle a ouvert Thorn and Burrow, qui vend des objets de décoration au style Turque et Marocain.

Pour s’essayer à la tâche, elle a d’adord ouvert un Live Zero en centre ville our vendre des couverts réutilisables, des brosses-à-dent en bambou et de l’encre eco-friendly. Elle animait également des ateliers d’upcycling de mobilier tout en bâtissant un public sur Instagram.

Encouragée par l’intérêt porté à cette nouvelle aventure et pressée de commencer à vendre de la nourriture en vrac, Tamsin a trouvé son local là où un ancien magasin bio “Just Green” était implanté. Mais, même si elle avait de l’expérience, elle n’avait jamais travaillé avec de la nourriture avant. Pour apprendre à vendre des périssables en vrac, elle a cherché conseil auprès de Catherine Conway, fondatrice de la boutique zéro déchet à Londres Unpackaged.

Cela a mis beaucoup de choses en perspective, confie Tamsin. Elle s’est rendue compte que nettoyer les containers en plastique de manière régulière est nécessaire même si très chronophage. Elle a également appris que la nourriture conservée de cette manière devait être vendue dans la semaine ou jetée.

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Les consommateurs habitués à choisir entre 8 céréales de petit déjeuner différentes ou 6 sortes de pâtes pourraient être surpris. Ici, il n’y aura qu’un seule choix. Ces jours-ci, quand vous achetez des produits de nettoyage vous en achetez un pour les toilettes, un autre pour la cuisine, un pour le verre, un autre pour le sol… quand en réalité un seul suffit. Ce sera pareil pour toi : une sorte de sel, une sorte de poivre, une sorte d’huile.

Tamsin doit faire des sacrifices pour la transition vers le mode de vie zéro déchet, en évitant es encas dans des sachets en plastique et en achetant moins de vêtements et de produits de beauté. Elle porte rarement du maquillage mais en a tellement. On est fait pour sentir que l’on en a besoin. Le zéro déchet c’est aussi se limiter à ce dont on a besoin. Maintenant, elle achète des vêtements d’occasion issus du commerce équitable ou alors elle se limite. Elle dépense beaucoup moins maintenant.

Le shopping zéro déchet sera plus facile à vendre aux familles d’expatriés Occidentaux qui ont déjà l’habitude de recycler plutôt qu’aux Chinois, notamment ceux qui se souviennent encore du virus Sars qui s’est propagé dans toute la ville en 2003. Pour beaucoup l’hygiène est une obsession et le mode d’achat “servez-vous” risque de refroidir ceux qui sentaient que le packaging en plastique offrait une certaine sécurité.

live zero dechet facade

Gagner du terrain face à la communauté locale peut prendre du temps mais quand on se penche sur l’avenir du plastique à Hong-Kong, on peut être optimiste. Cela va s’améliorer, affirme Tamsin. C’est déjà le cas, notamment ces dernières années durant lesquelles il y a eu beaucoup d’avancement et de nouveaux avocats pour le zéro déchet.

Même si Tamsin s’attend à quelques problèmes de début et à des difficultés pour gérer les déchets, elle est confiante que ces containers se viderons plus vite qu’elle ne pourra les remplir. Le magasin attire déjà les regards des curieux qui attendent de voir quand est-ce que le magasin va ouvrir , certains se proposant même pour travailler gratuitement. Tamsin a évidemment besoin de gagner de l’argent mais elle affirme que pour Live Zero, elle le fait parce que c’est bon pour la planète. On se sent bien quand on dit non aux sachets plastiques.

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La tendance de la mode éthique

19 février 2018
mode ethique

Le monde de la Mode est en grande mutation. Aujourd’hui, les consommateurs veulent savoir ce qu’ils mangent et maintenant ce qu’ils portent. En effet, le bio prend de plus en plus de place et même dans les garde-robes.

 

C’est quoi la mode éthique ?

La mode éthique est un mouvement qui date de quelques années maintenant. Cependant, c’est l’accident d’une usine textile à Dacca au Bangladesh qui a couté la vie à plus de 1000 personnes, ui permet de commencer à prendre conscience de sa nécessité.

Il n’y a pas de définition fixe pour le concept. Cependant, il faut retenir deux axes importants pour parler de Mode écologique. En premier, il y a le choix des matières qui doivent être le moins polluantes possible. On oublie le coton. Pour sa culture, il faut d’importantes quantités d’eau sans parler des grandes surfaces de forêts qui sont détruites chaque année. Il existe des cultures de coton bio qui sont utilisées à la place. De même, le lin, le polyester recyclé et le chanvre sont des matières utilisées pour le respect de la nature.

couture ethique

En second, on parle du respect des principes du commerce équitable. Ce mouvement cherche également à favoriser le respect des droits des travailleurs, l’arrêt du travail des enfants, l’arrêt de la discrimination sexuelle.

 

Des chaussures qui respectent la nature

Avec les vêtements, il y a également le lancement des chaussures éthiques par différentes marques. En effet, la marque Veja en France a lancé une ligne de baskets faits en coton bio et en b-mesh, une toile produite à partir de plastique recyclé. De même, la marque Perùs a lancé des chaussures en toile avec des motifs tribaux qui proviennent de la culture traditionnelle inca. El Naturalista est une autre marque qui crée des chaussures en cuir fabriqué en suivant la méthode artisanale et naturelle. Mais la meilleure reste à nos yeux Ngo Shoes, une marque faisant de magnifiques chaussures éthiques aux motifs ethniques.

mode ethique 

 

De grandes stars comme ambassadeurs

Un grand nombre de stars du monde entier soutiennent le mouvement de Mode écologique qui compte de plus en plus d’adeptes. Par exemple, Jessica Chastain, Bono de U2 ou encore Stella McCartney sont des ambassadeurs de ce mouvement qui était critiqué depuis un certain temps à cause de la qualité du design et des matériaux qui n’attirait pas. Désormais, les stars portent des vêtements bios sur le tapis rouge.

 

De grandes enseignes dans le mouvement

Devant ce grand engouement pour ce mouvement écologique, de grandes enseignes de la Mode se sont lancées dans la création de lignes qui utilisent des matières bios.

En avril de cette année, la marque H & M va lancer sa ligne Conscious Exclusive. Sa particularité est l’utilisation du bionic, un polyester composé de bouteilles de plastique recyclées à 30 % et de polytéréphtalate d’éthylène (PET). Il y a quelque temps, la marque a vu son enseigne entachée par un scandale concernant les matières utilisées pour les vêtements qui sont produits avec des méthodes dont l’impact environnemental et social est très négatif.

Le groupe Kering qui compte les marques Gucci ou Yves Saint Laurent, par exemple, a mis en place une étude sur son impact environnemental. Un certain nombre de projets est également en rapport avec une reconversion plus écologique.

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Cette ville japonaise devenue zéro déchet

16 février 2018
village zero dechet

Les habitants de Kamikatsu ont fait un effort considérable pour passer définitivement au zéro déchet.

Parfois, trier ses déchets peut s’avérer être très chronophage. Mais ce n’est rien par rapport aux efforts fournis par les habitants de Kamikatsu, petit village du sud-ouest japonais.

Ils trient leurs déchets dans 34 catégories différentes très spécifiques. Ainsi, selon que les boîtes soient en alu ou en fer, qu’on se parle de parton ou de papier, on ne met pas tout ensemble. En effet, la boîte de conserve n’est pas une simple boîte de conserve. Il faut bien identifier le matériau dont cette dernière est faite avant de trier.

C’est en 2003 que le village s’est embarqué dans un vaste programme zéro déchets. Ils avaient pour habitude de tout incinérer mais se sont vite rendus compte des dommages que cela causait à l’environnement. Les centrales d’incinération de déchets produisent de vastes quantités de gaz à effet de serres et de toxines qui endommagent les sources alimentaires.

Les habitants ont mis du temps à s’habituer à laver, trier puis emmener leurs déchets à la centrale de tri du village. Même si les déchets sont déjà triés avant leur arrivée à la centrale, les employés s’assurent que les déchets sont déposés dans les bons bacs. Tout le processus est maintenant devenu routinier.

Occasions et secondes mains

Le village a maintenant installé un magasin dans lequel les habitants peuvent laisser les vêtements ou les meubles dont ils ne veulent plus et où ils peuvent donc échanger l’ancien contre du nouveau, déposé par d’autres habitants, gratuitement.

Une nouvelle usine s’est installée : des femmes font de nouveaux produits à partir de matériaux anciens comme des doudous faits de vieux kimonos.

Perspectives zéro déchet

80% des déchets du village sont recyclés, réutilisés ou compostés et le reste finit à la décharge. Ce processus permet au village d’économiser un tiers de ses anciens coûts d’incinération. D’ici 2020, le village ambitionne de devenir 100% zéro déchets.

Globalement, la quantité de déchets produits augmente plus vite que le taux d’urbanisation, selon une étude qui date de 2015. World Bank, à l’origine du rapport, estime que 1,4 milliards de personnes en plus habiteront en ville d’ici 2025 en produisant environ 1,36 kilos de déchets quotidiens… plus du double qu’actuellement.

Kamikatsu n’est pas un cas isolé. De plus en plus de villes dans le monde essaient de réduire leur empreinte carbone. Par exemple, en 2015, San Diego a annoncé la réduction de sa production de déchets de 75% d’ici 2030 et de devenir totalement zéro déchets d’ici 2040. New York a des objectifs similaires, es espérant devenir zéro déchet dans les 15 prochaines années.

Votre ville a-t-elle mis en place une initiative zéro déchets?