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Guide ultime de la crème solaire : bien choisir sa crème solaire (c’est important pour vous et pour l’environnement)

7 juillet 2019
guide creme solaire

C’est l’été les cousins et les cousines. Ah bah oui, on a vu qu’il y avait plus de place dans les trains et les avions et que les plages, bords de lacs et de rivières étaient blindés. On sait où vous êtes. Et ce n’est que le début du mois de juillet. Alors, ce post concerne beaucoup plus la mer que les autres eaux mais quand même. C’est aussi important pour autres étendues de flotte puisqu’elles finissent toutes au final dans la flotte océanique ou maritime. Ouvrez bien les mirettes.

Tous les étés on se pose à peu près tous la même question et devenons un peu maniques avec la crème solaire. Chez nous, on a toujours acheté la crème solaire en pharmacie mais il y a quelques temps, on s’est posé la question de savoir ce qu’il y avait dans ces crèmes solaires et on a investigué.

Aujourd’hui, je vous parle de ce que j’ai découvert et vous donne quelques suggestions de crèmes solaires (personne ne m’a payé pour écrire cet article)…

Pourquoi on bronze?

On aime tous le soleil, se dorer la pilule sur su sable doux en lisant un bouquin ou en feuilletant un magazine. En plus, cela met de bonne humeur et nous charge en énergie (c’est prouvé scientifiquement). Cependant, le soleil c’est plus que ça. Les rayons du soleil sont formés par plusieurs radiations (n’ayez pas peur, radiation signifie simplement énergie) : infrarouge, ultraviolette, lumière visible, etc. Celle qui nous intéresse est la radiation ultraviolette (UV) qui est celle qui génère le plus d’énergie.

Les rayons ultraviolets A et B (UVA et UVB) pénètrent différentes couches de notre peau en activant la mélanine en provoquant le bronzage que nous convoitons tant. Ils génèrent également d’autres changements dans notre corps comme l’altération de molécules de l’ADN. C’est la raison pour laquelle on dit que la radiation UV est hautement cancérigène.

L’OMS estime que 90% des cas de mélanome (le cancer de la peau le plus commun)sont dus à la radiation solaire naturelle ou aux rayons UV (ceux des cabines de bronzage).

C’est quoi la crème solaire ou la protection solaire?

Une protection solaire est une crème qui protège de la radiation UVA et UVB parce qu’elle contient des filtres chimiques, physiques ou biologiques (ou organiques) dans sa composition.

Filtres minéraux ou physiques : il s’agit de poudres minérales inertes qui agissent comme écran solaire afin que la radiation rebondisse et ne pénètre pas la peau. Les plus communes sont l’oxyde de titane ou de zinc. On utilise aussi la mica, le kaolin ou le talc.

L’oxyde de zinc protège des UVA et UVB et peut être utilisé sur des enfants ainsi que sur des personnes dont la peau est sensible. Il est biodégradable et n’agresse pas les milieux marins.

L’inconvénient de ce type de protection solaire est qu’à des concentrations élevées, elles ont une couleur blanchâtre, provocant un effet “masque”. C’est pour cette raison que les industriels ont commencé à utiliser des pigments micronisés, c’est-à-dire des particules extrêmement petites qui ne laissent donc pas de traces blanches sur la peau. On les reconnaît dans la liste d’ingrédients précédés du mot “nano”.

Problème : l’Union Européenne a manifesté sa préoccupation vis à vis de l’utilisation de plus en plus fréquente des nanoparticules dans les produits de consommation quotidienne parce qu’elles sont tellement petites qu’elles peuvent s’infiltrer dans le flux sanguin. C’est pour cela que leur présence soit être indiquée sur l’emballage.

Malgré cela, de nombreuses crèmes solaires écologiques contiennent des microparticules, ce qui pourrait sembler contradictoire en principe. Cependant, dans ce type de crèmes, les nanoparticules sont recouvertes de silicium, les rendant plus grandes et en évitant donc leur passage la barrière cutanée.

Par ailleurs, il est important de savoir qu’il s’agit des crèmes solaires qui ne causent pas (ou le moins) de dommages à l’environnement marin. Il n’a pas été prouvé que l’oxyde de zinc dans sa forme micro ait des effets néfastes sur la faune/flore marine. Cependant, il a été prouvé que l’oxyde de zinc dans sa forme nano ait des effets néfastes sur CERTAINS organismes marins. Articles ici et ici (en anglais).

Filtres chimiques : ils agissent en se fusionnant avec ta peau et en absorbant la lumière UV. Il leur faut 30 minutes pour se mettre en place et c’est pour cela qu’il faut les appliquer avant l’exposition au soleil. Ce sont les plus communs sur le marché.

Problème : certaines de ces substances sont cancérigènes, d’autres agissent comme des perturbateurs endocriniens et d’autres sont nuisibles à notre corps à d’autres égards (bien que ces filtres soient tout à fait légaux, il y a des études qui prouvent qu’ils ne sont pas si anodins que cela).

Il s’agit également de ceux qui sont les plus nocifs pour l’environnement. En effet, ils contiennent (entre autre) de l’oxybenzone. Il s’agit des crèmes solaires qui ont commencé à être enterdites à Hawaii, par exemple, parce qu’elles endommagent les récifs coralliens en les rendant plus sensibles au blanchiment, entre autres dommages causés.

Filtres biologiques : ces protections solaires contiennent des huiles végétales qui, en plus d’être hydratantes, agissent en tant que filtres anti-UV (dans une moindre mesure). Ce sont des huiles d’avocat, du beurre de karité, germe de blé, sésame, aloe vera ou olive, entre autres.

Le degré de protection

Le degré de protection de crèmes solaires est déterminé par le SPF (Solar Protection Factor ou Facteur de Protection Solaire). Il indique le nombre de fois que le photoprotecteur augmente la capacité de défense naturelle de la peau face au rougissement. C’est-à-dire que si une crème a un SPF30, ta peau supportera le rougissement 30 fois plus.

Quand appliquer la protection solaire? En fait on devrait en mettre toute l’année, surtout si tu travailles en extérieur. Seulement les nuages les plus denses (en plus de la protection déjà offerte par l’atmosphère – on cramerait littéralement sans elle -) sont capables de filtrer la radiation UV. Les fenêtres filtrent environ 96% des UVB et 15% des UVA. Il faudrait donc idéalement se protéger tout le temps (froid ou chaud, nuageux ou ensoleillé).

Quelle crème choisir?

Le plus sympa pour toi et pour l’environnement serait de choisir une crème solaire minérale (ou physique) avec de l’oxyde de zinc ou à défaut avec des nanoparticules de dioxyde de titane recouvertes. Si la crème que tu as trouvé répond à ces critères, parfait. Pour exemple, une crème comme Green People SPF30 te permet d’être sûr(e) de respecter ta peau et les fonds marins.

Pour finir, check cette vidéo qui te montre et explique les effets du soleil non visibles sur la peau et comment les crèmes solaires nous protègent des radiations UV.

Ecologie Zéro Déchet

12 tissus et certifications textiles durables

23 mai 2019
tissu durable

L’univers de la mode durable est très vaste. On pourrait dire qu’il y a différents “degrés” de durabilité. Il existe des entreprises qui produisent localement, avec des tissus écologiques et où toute la traçabilité du produit est durable tandis que d’autres (pas moins méritantes) répondent à certains des aspects de la mode durable : commerce et production locaux, condition de travail justes et/ou tissus durables. Il existe différentes types, marques brevetées, sous-types et variétés, mais voici une petite liste de ceux qui sont les plus représentés et utilisés.

12 tissus durables

Coton bio

Cultivé dans des champs sans pesticides, herbicides, engrais chimiques synthétiques et sans toxiques. Les autres cotons sont souvent absorbés par le corps au contact de la peau. En plus, les travailleurs exercent souvent dans des conditions injustes.

Coton recyclé

Le tissu le plus durable et respectueux à toutes les étapes du processus en plus de participer à l’économie circulaires en maintenant les mêmes qualités que le coton bio.

Bambou

Les vêtements fabriqués à partir de pulpe de bambou, blanchis sans chlore se produisent facilement sans aucune substance chimique. On utilise moins d’eau que pour la production d’autres tissus également. La fibre est antimicrobienne, a des propriétés antialergiques, protège des radiations ultraviolet et est un régulateur thermique (chaud en hiver, frais en été).

Lin

Fabriqué à partir de la tige de lin ou de lin (Linum Usitatissimum). Sa culture remonte à l’Egypte ancienne (IVè siècle avant JC). C’est une fibre naturelle recyclable et durable qui a de nombreux usages en raison de sa résistance et de sa grande polyvalence. Il est parfait pour l’été car un procure une grande sensation de fraicheur.

Chanvre

Fabriqué à partir de la tige de la plante de cannabis, c’est également un tissu très ancien. En Chine, son exploitation a été datée à il y a environ 8000 ans. On en tire un tissu doux et délicat avec lequel on peut faire de la lingerie et des robes de haute couture.

Coquille de noix de coco

Certains fabricants de vêtements de sport et de montagne incorporent du charbon actif à base de coquille de noix de coco et matériaux volcaniques dans leurs produits. Grâce à cette fibre, le processus de séchage des vêtements est accéléré, ils repoussent les mauvaises odeurs et offrent une certaine protection contre les rayons UV, caractéristiques idéales pour la pratique du sport.

La banane

Tissu obtenu à partir de bananiers, il semble produire une fibre aussi douce que le chanvre ou le bambou, antiallergique et favorisant la transpiration.

Laine bio

C’est de la laine de mouton nourri à l’herbe et sa propreté n’est pas due aux additifs, agents blanchissants ou solvants. Le résultat est un tissu durable, biodégradable, très résistant et hypoallergénique.

Laine recyclée

Laine récupérée de restes de transformation de laine vierge ou déjà utilisée par les consommateurs. Une fois récupérée, la laine est broyée et transformée en fibres.

Tissu en plastique recyclé

Pour ce tissu, différentes origines : bouteilles en plastique, filets de pêche, résidus de plastiques marins, etc… Sur le marché, il existe divers exemples de cette utilisation et de grandes marques font le choix du tissu plastique recyclé.

Muskin (cuir de champignon)

Matière très similaire au cuir animal et au daim par son aspect. Il a été créé par Grado Zero Espace, une entreprise italienne qui, comme beaucoup, cherchait une alternative aux processus qui ne respectent pas l’environnement. Elle a trouvé cette matière sur la partie supérieure du champignon.

Piñatex

Un matériau développé à partir de fibres d’ananas et qui s’approche beaucoup du cuir. L’alternative durable et versatile que nous pouvons utiliser dans la mode, les accessoires et la tapisserie sans nuire à la qualité des produits.

Labels textiles durables

En écrivant le post, je me suis demandé : “comment sait-on que l’étiquette dit la vérité?” Comme tu le sais, dans le textile, il y a mille et un labels. J’ai réuni certains labels textiles durables afin de ne pas se perdre dans le monde de l’étiquetage éco.

Naturland

Allemagne

Au moins 95% du produit final, sauf accessoires, doit être fabriqué avec des fibres naturelles et écologiques. On régule également les substances et méthodes pour la fabrication, le niveau de déchets autorisé et les aspects environnementaux et sociétaux.

Demeter

Allemagne et International

La norme pour la production biodynamique. Le label exige des fibres certifiées Demeter et respectant les normes IVN (International Natural Textiles Association).

Soil Association

Royaume-Uni

Pour cette certification, la norme GOTS (Global Organic Textile Standard) a été adoptée. Par ailleurs, le label offre le label OCS (Organic Content Standard) qui vérifie simplement la traçabilité et la composition des matières premières jusqu’au produit final.

Krav

Suède

Cette norme a également abandonné ses prérequis textiles pour adopter le GOTS, qui est actuellement la norme principale pour les labels textiles écologiques dans le monde entier.

Oeko-Tex

International

Il y a deux standards : Oeko-Tex Standard 100 : certifie que les produits textiles ne contiennent pas de substance nocives pour la santé. Oeko-Text Standard 1000 : correspond à une certification d’entreprise écologique. Le label garantit que la production est respectueuse de l’environnement. Elle est plus stricte en ce qui concerne les critières environnementaux établis par la norme en vigueur.

Organic Exchange

International

Garantit une teneur minimale en coton bio dans le produit final mais ne garantit pas l’origine des colorants. Il y a ici aussi deux niveaux pour ce label. La norme OE 100 : certifie que les articles sont fabriqués avec une teneur minimale de coton bio à 95%. La norme OE Blended : certifie que les articles sont fabriqués avec une teneur minimale de coton bio à 5%, mélangé à du coton conventionnel ou des fibres synthétiques.

Made in Green

Europe

C’est le seul label Européen qui prend en compte trois domaines du processus de production : la santé, l’environnement et les droits des travailleurs. En outre, ce label étudie méticuleusement la traçabilité du produit en incluant également les fournisseurs directs et les fournisseurs des fournisseurs. Ainsi, il est possible de certifier le produit depuis la matière première jusqu’au produit final.

GOTS (Global Organic Textile Standard)

International

Label international créé par des membres de l’industrie textile et par diverses organisations ayant des normes pour le textile. Seuls les tissus contenant au moins 70% de fibres naturelles et bio peuvent être certifiés GOTS. Tous les intrants chimiques, comme les colorants et auxiliaires, doivent répondre à des exigences environnementales et toxicologiques claires.

Nous savons qu’il existe de nombreux autres tissus durables, surtout en phase expérimentale. Tu veux en ajouter à la liste?

Ecologie Zéro Déchet

Les bioplastiques ne sont pas la solution

22 mai 2019
bioplastiques solution

Les bioplastiques ne sont pas la solution. C’est la conclusion que j’ai tiré après avoir lu des articles pour et contre ce “nouveau” matériau. A première vue, les microplastiques peuvent paraitre la panacée: un emballage égal au plastique mais biodégradable ou compostable. Où est le problème?

Certaines entreprises se mettent à l’utilisation des bioplastiques qui, en plus d’être plus chers que le plastique traditionnel, peuvent donner une image lus “verte”. Est-ce uniquement du greenwashing? Aujourd’hui, je vais essayer de répondre à ces questions : Que sont les bioplastiques? Est-ce qu’il existe différents types? Est-ce que c’est aussi bien qu’on le prétend?

Le bioplastique, c’est quoi?

Le bioplastique est un type de plastique dérivé de sources de biomasse renouvelables telles que les graisses, les huiles végétales, l’amidon de maïs, les déchets alimentaires… contrairement aux plastiques traditionnels à base de pétrole.

Ce bioplastique est utilisé dans de nombreux domaines : récipents pour aliments, vaisselle, pailles, sacs de courses, etc… Il existe de nombreuses utilisations et l’industrie du plastique traditionnel investit pour effectuer la transition vers le bioplastique.

Types de bioplastiques

Il existe différents types de bioplastiques. Ils peuvent être fabriqués à partir d’acides polyactiques (PLA en anglais) présents dans les plantes comme le maïs ou la canne à sucre ou de polyhydroxyalcanoates – aïe 🤧 (PHA) fabriqués à partir de microorganismes.

Le PLA (maïs, canne à sucre) est le plus utilisé pour son coût moins élevé et l’abondance des cultures. Il s’utilise surtout pour les emballages alimentaires, bouteilles, couverts et textiles.

En raison du problème que l’on rencontre avec le plastique au niveau mondial, de nombreux chercheurs tentent de découvrir le meilleur bioplastique et surtout celui qui a le meilleur potentiel de biodégradabilité. Il existe aujourd’hui des bioplastiques faits à base de noyau d’avocat, d’olives, de jus de cactus, de déchets de conserveries et un autre (très intéressant) qui se dégrade en mer.

Des entreprises comme LEGO commencent également à faire des recherches pour fabriquer leurs pièces en bioplastique, en s’engageant à n’utiliser que du bioplastique à partir de 2030.

Est-ce que le bioplastique est aussi bon qu’on le laisse penser?

Il n’y a pas de réponse unanime à cette question. On pourrait dire que cela dépend. Cependant, globalement, ils n’offrent pas de solution au problème des plastiques.

Les bioplastiques nécessitent (dans la grande majorité des cas) un processus de fabrication complexe, avec des usines et une contamination similaires à celle que l’on peut trouver dans la fabrication de plastique conventionnel. Ceci dit, les bioplastiques ont un avantage : ils ne sont pas dérivés du pétrole donc leur impact environnemental est dans ce sens moins élevé.

Autre problème du bioplastique : la plupart d’entre eux proviennent d’aliments comme l’amidon de maïs (le plus commun, 50% du total). Ainsi, pour fabriquer ce type de bioplastique, nous avons besoin de cultures avec engrais (nitrates et phosphates) qui finissent dans les fleuves, rivières et lacs, produisant ce que l’on appelle l’eutrophisation et l’acidification de l’environnement. Je ne vous parle pas des centaines de milliers de litres d’eau utilisés, bien évidemment. Je rappelle aussi qu’on peut se poser la question de l’utilisation de nourriture pour faire des emballages dans une planète qui subit des problèmes de famine.

Les bioplastiques sont-ils compostables?

En théorie, oui. En pratique, pas tout à fait juste. C’est vrai qu’il y a des bioplastiques qui ont été inventés pour être 100% biodégradables et compostables mais ceux que l’on trouve communément quand on fait des achats (vous savez ceux qui ressemblent à des sacs poubelle) ne peuvent se composter qu’industriellement. C’est-à-dire que tu pourras pas le composter à la maison ou dans des composteurs urbains.

La plupart des bioplastiques ne fondent pas dans la mer comme des carrés de sucre. Ils mettent beaucoup de temps et surtout ils se décomposent en micro(bio)plastiques dont nous ne connaissons pas encore les effets et conséquences. Le temps nous le dira.

Cela génère donc un problème dans la gestion des déchets car… où est-ce-qu’on jette un emballage en bioplastique? Normalement, dans la poubelle de recyclage des emballages mais en réalité il n’y a pas de mécanisme en place pour recycler tous les types de bioplastiques différents qui existent sur le marché.

Conclusion

Le bioplastique est une bonne idée en théorie. Mais on peut aussi le voir comme une excellente stratégie de greenwashing des grandes marques qui utilisent le préfixe “bio” devant “plastique” avec la jolie couleur verte caractéristique. Je pense que la R&D doit avancer beaucoup plus sur le sujet, jusqu’à parvenir à un bioplastique réellement compostable et biodégradable.

L’essentiel est donc d’éviter les emballages en plastique (bio ou non), favoriser le papier ou le carton, le verre et acheter tout ce qu’on peut en vrac dans des sacs en toile. Quand on a pas le choix en achetant l’electroménager, le téléphone, l’ordinateur… s’assurer de la qualité et la durabilité des produits et acheter reconditionné ou d’occasion c’est encore mieux.

Comme tu peux le voir, cette histoire de bioplastiques et un peu plus complexe que ce que l’on croit. Sont-ils bons? Oui et non. Sont-ils mauvais? Oui et non. C’est toujours mieux que le plastique pétrole mais ne présentent pas de solution au problème. Ce n’est qu’une sorte de correctif mal utilisé qui pourrait générer un problème supplémentaire.

Ecologie Zéro Déchet

Microplastiques : faire sa lessive contaminerait les Océans?

22 mai 2019
microplastiques lessive

Le problème des microfibres… Prends le temps de lire l’étiquette des vêtements que tu portes en ce moment. Je suis sûr que tu tomberas dans la liste sur du nylon ou du polyester. Nous portons des vêtements avec des fibres synthétiques tous les jours. Robes, T-Shirts, leggings, pyjamas… il y a de plus en plus de vêtements qui incluent des matériaux de synthèse dans leur composition : des matériaux plastiques.

Près de 85% des matériaux que nous trouvons dans ce que nous portons sont des microfibres.

Tous ces vêtements fabriqués à partir de matériaux synthétiques cachent un grave problème : à chaque fois qu’on les lave, ils libèrent des petits bouts de plastique. Des microfibres qui coulent directement dans les égouts et sont si petites qu’aucun filtre ne les arrête, ce qui contamine nos mers et océans.

La Fast-Fashion

L’expansion de la “fast fashion” (ou en d’autres termes “utiliser et jeter”) n’aurait pas été possible sans fibres synthétiques. Elles ont beaucoup de succès dans l’industrie de la mode car elles durent longtemps, sont résistantes, légères et, bien évidemment (le nerf de la guerre) bon marché. On calcule que le polyester est utilisé dans 60% des vêtements. C’est une des raisons pour lesquelles l’industrie textile est la deuxième plus polluante du monde : hautes émissions de CO2, utilisation de combustible fossiles, déchets non dégradables…

Qu’est-ce qu’une fibre synthétique?

Les fibres synthétiques se divisent en deux catégories :

  • Fibre artificielle ou semi-synthétique : on appelle ainsi les fibres composées de matière première naturelle comme la cellulose ou des protéines animales ou végétales. Par exemple; rayonne, viscose et lyocell. Ce sont des fibres biodégradables en fin de cycle de vie mais pas du tout inoffensives.
  • Fibre synthétique : c’est une fibre textile qui provient de divers produits dérivés du pétrole. Non biodégradables. Exemples : nylon, polyester et polyéthylène.

Qu’est-ce qu’une microfibre?

Une microfibre est un petit fragment de plastique utilisé dans les textiles synthétiques. Ces fibres se détachent des vêtements au lavage. Elles sont tellement minuscules qu’aucun filtre n’est capable de les arrêter. Elles se transforment en un problème environnemental massif en contaminant nos océans.

Plus de 700 000 microparticules de plastique se détachent à chaque lavage et ne s’éliminent pas dans les stations d’épuration et passent par les fleuves et rivières jusqu’à la mer.

Les microfibres sont-elles un vrai problème?

On estime que les microfibres sont un des contaminants plastiques principaux dans les bassins versants des pays développés. Ils représentent une partie importante des déchets qui atteignent les océans.

Les expériences menées sur les eaux usées des machines à laver domestiques ont montré qu’un seul vêtement peut libérer plus de 1900 fibres par lavage.

Les microfibres et autre microplastiques absorbent les substances toxiques présentes dans les océans. Leur consommation par différents organismes marins implique des altération dans le processus de reproduction des espèces mais aussi dans leur comportement. Ainsi, les microfibres et les substances toxiques absorbées entrent dans la chaîne alimentaire. En bout de chaîne, c’est nous (coucou), les humains qui ingérons ces microfibres + toxiques pour ceux qui mangent du poisson ou des fruits de mer en général…

On ne connaît pas encore les effets négatifs que la contamination par microplastiques peut avoir sur les êtres humains.

Que peut-on faire?

Ce ne serait pas très réaliste de se défaire de tous les vêtements de la garde-robe contenant des matériaux synthétiques. Ce serait anti-écologique de tout jeter à la poubelle. Mais il y a quelques petites choses à mettre en pratique :

  • Laver ses vêtements moins souvent. On lave fréquemment les vêtements quand ce n’est pas nécessaire. Si on se douche tous les jours et que l’on a pas transpiré, il est possible de réutiliser ce t-shirt une dernière fois avant de le laver. Parfois, le simple fait d’aérer un vêtement près d’une source de chaleur ou au soleil (encore mieux) suffit amplement. Il faut simplement que l’air circule.
  • Remplir la machine à laver au MAX, laver à basse température et sur le cycle le plus court possible. Utiliser de la lessive liquide si elle est industrielle ou notre recette de lessive solide zéro déchet si elle est faite maison (attention, éviter la lessive solide industrielle). Cela a été prouvé que faire ceci diminue le nombre de microfibres par lavage.
  • Au moment d’acheter de nouveaux vêtements, lire avec attention la composition, en évitant les fibres synthétiques. Pariez sur le coton (bio/fair trade c’est encore mieux) ou d’autres fibres naturelles. Nous avons consacré un post aux 12 matières durables et certifications.
  • Laver ses vêtements dans un sac. Mais pas n’importe lequel. Il faut qu’il réponde à certaines exigences afin que le filtre soit efficace et et que le sac empêche donc les microfibres de squatter les égouts. Renseignez-vous sur les brevets et l’efficacité du sac avant de l’acheter.

Que peut-on faire de plus?

  • Fabriquer des machines à laver qui réduisent la libération de microfibres en limitant la forte agitation et en installant des filtres plus efficaces.
  • Améliorer les filtres des stations d’épuration.
  • Arrêter de fabriquer des vêtements qui se délaissent de leurs microfibres.

La balle est dans notre camp dorénavant. Nous devons mettre en pratique toutes les mesures possibles afin de réduire la quantité de microfibres qui squattent nos machines à laver !

Crédit photo : https://www.maxpixel.net/