Zéro Déchet

Des écoliers américains visent le zéro déchet!

26 février 2018
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Les écoliers de primaire de Franklin Elementary à Missoula (dans le Montana, aux Etats-Unis) se sont demandé pourquoi ils ne pouvaient pas utiliser de papier absorbant pour nettoyer les salissures et n’ont pas tout de suite compris à quoi cela servait de faire du tri sélectif. Mais depuis que leurs institutrices ont commencé à implémenter ces règles au début de l’année scolaire, les écoliers se sont vite pris au jeu de la réduction, la réutilisation et le recyclage.

En salle de classe récemment, une institutrice a demandé à ses élèves pourquoi il était important de faire attention à ses déchets et à sa consommation. Les écoliers ont levé la main et ont répondu des choses du genre « pour que nos déchets ne finissent pas à la décharge » ou « pour réduire le émissions de méthane dues au gaspillage alimentaire ».

Certains écoliers sont même allés plus loin.

« Je veux faire une loi qui imposerait le compostage et le recyclage! », s’exclame une fillette.

Son camarade acquiesce, « si on ne composte pas et si on ne recycle pas, il faudrait passer deux mois en prison. »

Quelques mois auparavant, ce même petit écolier résistait à l’idée du recyclage en demandant à sa maîtresse pourquoi il faisait ça.

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Former les générations futures au zéro déchet

« Je pense que ce qui l’a interpelé est un reportage que l’on a vu à la CNN sur Plastic Island », dit l’institutrice, en faisant référence au programme qui parlait des tonnes de déchets plastiques qui flottent dans l’Océan Pacifique et qui s’échouent sur les îles Midway. « La petite s’est rendue compte que l’on polluait l’habitat de toutes sortes d’animaux qui n’ont même pas leur mot à dire et je pense qu’elle s’est identifiée à cela. »

Les deux institutrices se partagent une salle de classe dans le nouveau bâtiment de Franklin Elementary. Au début de l’année scolaire, elles ont mis en place un programme « zéro déchets ». Contrairement à toutes les autres salles de classe du bâtiment, il n’y a pas de distributeur de sopalin : il a été remplacé par des torchons et des serviettes.

Elles ont également amené des couverts en métal que les enfants peuvent utiliser pour le déjeuner, en éliminant les déchets générés par les fourchettes en plastique à usage unique.

Il y a également un bac à compost qui est ramassé gratuitement par une entreprise privée de la ville, tout comme une unité de recyclage de plastique et de carton. Il s’agit d’un test à petite échelle avant de généraliser cela à l’école entière puis à toutes les écoles de la région afin d’améliorer la durabilité et pour enseigner aux enfants à devenir des consommateurs intelligents.

Le changement à petite échelle pour inspirer la société toute entière

Les élèves arrivent sans aucune connaissance du recyclage, de la réduction et de la réutilisation, ce qui est une aberration en 2018 et par les temps qui courent, selon l’une des institutrices. En Oregon, de là où elle vient, le recyclage est un « style de vie ». Quand elle a déménagé dans le Montana et s’est rendue compte de l’absence d’infrastructures elle a été très déçue et a voulu motiver le changement, en commençant par sa salle de classe.

Elle fait aussi partie du comité de la ville, « Zero by 50 », qui vise à réduire les déchets envoyés par la ville à la décharge de 90% d’ici 2050. En tant qu’entité publique de grande taille, les écoles du comitat de Missoula travaillent pour ce même changement et ce qui a été fait dans cette salle de classe est un exemple de ce qui peut être fait.

« Cela a déjà un impact », insiste l’une des institutrices. La quantité de déchets qu’ils génèrent quotidiennement équivaut à la taille d’un ballon de football et les enfants se prêtent volontiers au jeu du recyclage et du compost, jusqu’à aller mettre les mains dans la poubelle si quelque chose y a été jeté par mégarde.

« Quand vous avez un enfant qui fouille volontairement dans les poubelles, vous savez que vous avez gagné », rigole l’une des institutrices.

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Parler environnement avec les enfants

Avec sa collègue, elles ont eu des conversations avec leurs élèves sur le cycle de vie d’une bouteille en plastique, sur la quantité d’eau disponible pour la consommation humaine, comment les déchets produits par l’Homme ont un impact sur l’environnement… Les écoliers ont aussi comparé la quantité de déchets qu’ils produisent avec les autres classes afin d’avoir une idée de la quantité de ressources réutilisables qui sont gaspillées tous les jours.

Les deux institutrices travaillent très dur pour faire comprendre que le recyclage n’est pas la première option. La première chose à faire, c’est de réduire les déchets à la source. Que des CM2 aient conscience de l’impact qu’ils ont sur la planète est une énorme victoire !

« La plupart de ces enfants viennent de milieux défavorisés donc on les aides à réfléchir à leur position tout en répondant à leurs besoins. Penser à son prochain et avoir une vue plus large est un gros changement ».

Tandis que la ville de Missoula travaille à l’amélioration de son infrastructure pour le recyclage et le compost, les élèves des deux institutrices servent d’exemple pour montrer que des changements mineurs de comportement et de structure peuvent avoir un impact significatif. Elles essaient par ailleurs de ne pas peindre un tableau trop sombre afin que les élèves aient de l’espoir sur le véritable impact qu’ils peuvent avoir.

« C’est très important que les enfants puissent sentir qu’ils ont une lourde responsabilité et qu’ils puissent en même temps se dire qu’ils vont fouiller dans les poubelles, simplement parce que ce qu’ils y voient ne leur semble pas correct ».

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