Zéro Déchet

Un foyer zéro déchet à Manille

24 janvier 2018
zero dechet manille

Dernièrement, il y a eu beaucoup de vidéos virales sur tous les déchets qui flottent dans nos Océans (si on ne compte qu’eux). Prenez en compte le volume de déchets que nous avons laissé dans des usines de traitement, auquel on ajoute le volume de déchets que l’on va produire dans les prochaines semaines, multipliez tout ça par le nombre de foyers dans le monde entier. C’est difficile à comprendre. Statistiquement parlant, chaque personne produit presque 2 kilos de déchets PAR JOUR.

zero dechet philippinesUne de nos illusions c’est de nous dire que quand la poubelle est ramassée par nos gentils éboueurs, elle n’est plus notre problème; loin des yeux, loin du coeur. Des efforts futiles ont été faits pour faire face à ce problème global grandissant uniquement à cause du consumérisme, qui est lui-même dirigé d’une main de fer par les plus grosses multinationales.

En réalité, la grande majorité de nos déchets se retrouvent dans la mer ou dans des décharges. C’est là que le cycle de la vie continue. Les poissons mangent les déchets et nous mangeons les poissons. Les animaux mangent les déchets et nous mangeons les animaux. Pensez-y. La dégénérescence de la Terre signifierait notre propre disparition.

Nous devons nous sortir de notre état d’indifférence tandis que les maux que nous faisons subir à la planète sont des maux que nous nous infligeons à nous-mêmes. Il nous appartient de faire des changements personnels et faire fonctionner l’effet domino sur la société qui va mettre le feu aux poudres de chacun d’entre nous : la compassion pour le monde dans lequel nous vivons. Notre Planète ne peut pas se sauver toute seule en disant « Ca suffit ! ».

Une des personnes qui soutient Mère Nature est Jean Alfonso-Decena. C’est une ambassadrice active du zéro déchet et son foyer s’y est mis volontiers. Elle partage maintenant sur comment être devenu une famille zéro déchet a changé la qualité de vie de la famille depuis qu’elle a choisi de faire quelque chose que beaucoup pensaient impossible. Le point tournant.

Elle avoue que la transition n’a pas été facile. Comme toute période de transition, il y a des facteurs comme en avoir marre de quelque chose, puis en avoir marre d’en avoir marre.

Le choix de mode de vie était la meilleure option en faisant des économies, en se séparant de tout le matériel inutile et en faisant attention à l’environnement. Elle dit ça parce qu’on s’habitude vite aux choses pratiques :  on ne fait pas attention quand on fait ses courses. On continue d’acheter ce dont on a besoin et ce dont on a envie tandis que l’on voit tous les jours nos poubelles ramassées dans des gros bacs d’ordures. On brûle de l’argent et on accumule des choses dont on se sert peu ou pas du tout. C’est devenu fatigant, la consommation et l’entassement… donc ils ont décidé d’agir.

Son mari et elle ont commencé à faire des recherches et sont même allés jusqu’en Thaïlande avec un programme d’immersion et d’études de monsieur, puis ont appliqué ce que nos parents auraient fait il y a des dizaines d’années. Ça a été facile pour eux puisque Jean et son mari pratiquaient la méditation et le yoga, ce qui leur a appris le minimalisme et la pleine conscience.

Le verdict

Comme pour son passage au régime vegan, on la regardait d’abord comme si elle revenait à des méthodes arriérées mais à force d’explications, Jean arriver à faire passer le message que ça permet de faire des économies, d’être en bonne santé et de veiller sur celle de notre planète.

Tout le monde s’est prêté au jeu à la maison, mais elle dit que ses collègues, vendeurs, caissiers, supermarchés et restaurants la regardaient un peu de travers. Elle se dispute quelques fois quand elle refuse des gobelets jetables et quand elle emmène ses propres bocaux. Ensuite, comme par magie, ce qu’elle défendait avant commence à intéresser les gens. La confusion est remplacée par de l’admiration en la ténacité qu’il faut pour refuser les plastiques et les pailles. Elle encourage les autres à faire de même. De rendre à Mère Nature ce qui lui appartient.

D’autres membres de la famille et amis ont été surpris quand ils ont su que sa famille et elle n’utilisent pas de protège-slip jetables, de sopalin, de papier toilette, de brosse-à-dents en plastique ou de produits de beauté remplis de substances chimiques comme le dentifrice, le shampooing, le savon ou les produits mode de vie zero dechetménagers.

Jean partage que sa mère la supplie de se séparer de ses pantalons trop portés. Dans les deux ans qu’ont mis la transition, ils ont gagné beaucoup d’espace, de lumière, d’oiseaux qui chantent à la fenêtre le matin… ils n’ont presque plus rien à donner aux éboueurs, et ça les amuse.

Le consumérisme dicte le mode de vie

Jean s’est tournée vers un régime vegan et cela lui a permis de porter un nouveau regard sur les choix de mode de vie et les effets qu’ont les habitudes des gens sur l’environnement. Cela lui a fait penser à comment le consumérisme est un outil de valeur pour voter pour ce que l’on veut. Plus simplement : si on dirige notre argent vers des choix mauvais pour la santé, nous votons pour ce style de vie.

Même si elle était déjà environnementaliste à sa façon avant de changer de régime, le veganisme lui a ouvert les yeux sur la manière dont la majorité des gens ont été conditionnés pour profiter aux grandes multinationales. Etre vegane a réveillé son sens du minimalisme et de la praticité.

Elle s’est ensuite rendu compte qu’il ne lui en fallait pas beaucoup pour être épanouie donc elle a cherché des moyens de réduire ses déchets. Elle commençait également à étouffer dans l’habitude de remplir son foyer de choses matérielles qui ne faisaient qu’attirer la poussière ou prendre de la place.

Vegan + Zéro Déchet = combo parfait.

Puisque la famille est également vegane, ça complète bien le zéro déchet. Quand on lui demande si ça aide d’être vegan, elle s’exclame :

« Oui, complètement! Le veganisme et le zéro déchet vont main dans la main, comme deux gouttes d’eau. L’un ne peut pas exister sans l’autre si on va au fond des choses ».

L’un des plus gros bénéfices à devenir vegan, à part sauver des vies animales et améliorer la santé, c’est la quantité de déchets dont on peut se passer. S’il faut choisir entre les douches un peu trop longues et la côte de boeuf, cette dernière permet d’économiser des litres d’eau, la terre qui est utilisée pour les animaux et de réserver des cultures à l’alimentation humaine. Aussi, sachez que l’huile de friture ne peut pas être compostée, ce qui les oblige à réduire leur consommation d’aliments frits ou d’arrêter de faire devenir les aliments dans des matières grasses : cela a un bénéfice sur la santé.menage zero dechet

A part cela, la plupart des produits sans packaging sont aussi vegans. Pas étonnant que les courses deviennent faciles à faire.

Les courses zéro déchet

Avant toute chose, il est important de savoir ce que cela implique. Oubliez les engins qui tournent à l’essence ! Tout le monde peut marcher quelques centaines de mètres de plus ou prendre le vélo. Cela aiderait grandement notre environnement.

Jean partage ses astuces pour maintenir le mode de vie zéro déchet et met en perspective la sortie courses. Il faut bien planifier votre voyage au marché ou au supermarché.

Les éco-sacs, tote-bags ou cabas font partie de l’attirail zéro déchet à trimballer partout avec soi. Le marché est votre meilleure option quand il s’agit de faire les courses sans packaging parce que vous avez la possibilité d’éviter les sacs en plastique. Pour les biens liquides, elle se sert de barquettes en verre.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, elle trouve ça plus facile de faire les courses maintenant parce que tout ce qui est servi dans un packaging non-biodégradable est immédiatement retiré de la possibilité de choix : ça diminue de moitié le temps de courses. Achetez l’essentiel.

Un autre petit bonus au passage au zéro déchet est que cela oblige à faire de meilleurs choix alimentaires. La plupart des aliments qui ne sont pas servis dans des packaging biodégradables sont des produits qui sont également de fabrication industrielle. Vos options se tourneront donc plutôt vers des céréales complètes, du bio ou de l’agriculture raisonnée, sans ou avec peu de produits chimiques. Jean dit que les aliments industriels ou artificiels ne sont pas bons pour le corps et la procédure de fabrication demande beaucoup de ressources. Plus on consomme d’aliments naturels, moins il y a eu de traitement en usine, mieux c’est pour le corps et l’environnement. En plus on permet à de petits artisans locaux de vivre et de nourrir leurs familles au lieu d’enrichir de grandes entreprises.

C’est difficile de maintenir un foyer 100% sans plastique. Certains objets continuent de circuler et on les upcycle, réutilise, recycle ce qui est jetable et les plastiques qui finissent quand même par atterrir dans les foyers.

Pour commencer.

Dans votre transition vers le zéro déchet, vous allez avoir besoin d’essentiels réutilisables que vous garderez toujours à portée de main. Faites un changement de taille dans votre vie et diminuez votre empreinte carbone. Et n’oubliez pas d’aimer Mère Nature qui nous fait voir chaque jour.

  • Gobelet et couverts
  • Ecobags, tote-bags, cabas, torchons (mouchoir, sopalin…)
  • Bocaux pour les restes et pour acheter en vrac ou marché ou supermarché
  • Objets en bois, métal ou verre comme une brosse-à-dents en bois, des cantines en métal, des bocaux en verre et des pailles réutilisables.
  • Four, pas micro-ondes
  • Produits de toilette et d’hygiène bio ou faits-maison
  • Bicarbonate de soude et vinaigre blanc pour les besoins de nettoyage
  • Pelle, et boîtes pour les compost, lessive, ségrégation de compost
  • Bâtons en bois et ciseaux pour les Ecobricks (on finit toujours par avoir du plastique à la maison, qui peut être transformé en Ecobrick)

Il est temps d’agir maintenant. Et pourquoi ne pas commencer par aujourd’hui? Peu importe ce que penseront les autres. Consultez votre boussole éthique et vous verrez que les petits changements peuvent avoir un gros impact.

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